dimanche 21 août 2011

Un compteur de bouchées pour manger moins ?


Manger moins vite est souvent recommandé pour réduire les apports caloriques. Toutefois, l’efficacité de cette recommandation reste à démontrer car les études réalisées jusqu’à présent ont abouti à des résultats contradictoires. Des chercheurs de l’université de Clemson viennent de mettre au point un compteur de bouchées qui se présente comme un bracelet capable de reconnaître les mouvements du poignet conduisant à une bouchée alimentaire. Cet outil pourrait être utile, d’une part pour étudier la relation entre la vitesse des prises alimentaires et la consommation calorique et d’autre part pour informer en temps réel le porteur du bracelet sur son comportement alimentaire.
Dans un essai clinique réalisé pour tester l’intérêt du compteur de bouchées, Scisco et al. ont inclus 36 sujets jeunes dont 30 ont finalement participé aux trois phases de l’étude : phase 1, consommation d’un repas ad libitum avec mesure du nombre de bouchées/minute (mais suivi non visible par le participant) ; phase 2, même repas consommé, le sujet portait le bracelet et pouvait suivre le nombre de bouchées/minute en temps réel (feedback), mais aucun objectif ne lui était fixé ; phase 3, repas identique avec port du bracelet, feedback accessible et fixation de l’objectif de réduire de 50 % le nombre de bouchées/minutes par rapport au repas initial. Les repas comportaient uniquement des galettes de céréales présentées de telle sorte à ce que la quantité d’aliment par bouchée soit fixe.
L’apport calorique a été significativement réduit lors du troisième repas (objectif fixé) par rapport au repas test n°2 (simple feedback). Le degré de satisfaction évalué à l’aide de questionnaires (niveau de satiété, de plaisir alimentaire) n’était pas significativement différent à l’issu des trois repas. Il existait une interaction entre l’évolution de l’apport calorique et l’apport énergétique lors du repas initial : seuls les sujets consommant plus de 400 kcal au premier repas (moyenne : 495 kcal) réduisaient leur apport calorique au cours du troisième repas (moyenne : 453 kcal).
Il est difficile d’étendre les conclusions de ce travail à la vie réelle. C’est d’ailleurs ce que mentionnent les auteurs dans la discussion de leurs résultats. Ils concluent tout de même à l’intérêt potentiel de recommander de réduire la vitesse de la prise alimentaire plus particulièrement chez « les plus gros mangeurs » lors des repas. Et ils suggèrent que leur outil pourrait aider à appliquer cette recommandation.

Scisco JL et coll. Slowing bite-rate reduces energy intake: an application of the bite counter device. J Am Diet Assoc. 2011;111(8):1231-5.