samedi 26 novembre 2011

L'effet d'un orgasme féminin sur le cerveau saisi par IRM

VIDÉO - Grâce à l'IRM fonctionnelle, des chercheurs américains ont réalisé une vidéo spectaculaire montrant l'illumination du cerveau au cours de l'orgasme.
L'orgasme de Nan Wise enregistré enIRM fonctionnelle pourrait devenir la vidéo de l'année. On y voit le cerveau de cette femme de 54 ans, initialement au repos (en rouge), s'activer progressivement (en jaune) alors qu'elle s'autostimule dans l'intimité de la machine, pour terminer par une illumination de la quasi totalité des structures cérébrales (en blanc, le maximum d'activité) au moment du pic orgasmique, avant l'apaisement post-orgasmique. La vidéo montre deux séquences, de profil puis de face, du phénomène.



Des images d'orgasme en IRM avaient déjà été publiées en 2006 par une équipe néerlandaise mais c'est la première fois qu'une reconstruction vidéo de l'enchaînement des séquences est réalisée.
L'équipe du Pr Barry Komisaruk (Université Rutgers, New jersey) qui a mené cette nouvelle étude remarque que l'activation du cerveau commence dans les parties sensorielles génitales (sous l'effet de l'auto-stimulation), puis se propage au système limbique (émotions, mémoire) avant de diffuser plus largement jusqu'au système de récompense et de plaisir du cerveau. Pour réaliser ces captures d'images, les scientifiques mesurent dans le cerveau la consommation d'oxygène radioactivement marqué environ toutes les 2 à 3 secondes. Un délai suffisant pour saisir le phénomène orgasmique.
Pour éviter les interférences dues aux mouvements de la tête, les patientes doivent porter un masque fixé à la table d'examen. Kayt Sukel, une journaliste scientifique a raconté au Gardian comment elle s'était entraînée pendant deux semaines en fixant des petites clochettes à son front avec du ruban adhésif pour ne pas bouger la tête au moment de l'orgasme.

Mieux comprendre les troubles de l'orgasme

Ces travaux sont souvent critiqués car considérés comme non prioritaires mais les chercheurs espèrent progresser dans la modélisation des mécanismes psychologiques de l'excitation. Les troubles de l'orgasme sont fréquents puisque 7 % des femmes rapportaient avoir souvent des difficultés à atteindre l'orgasme dans la dernièregrande enquête sur la sexualité des Français menée en 2006. En identifiant ce qui se passe dans le cerveau d'une femme -ou d'un homme- incapable d'avoir un orgasme (anorgasmie), il serait possible de mieux comprendre à quel niveau se situe le blocage.
Mais les surprises sont aussi au rendez-vous avec ce genre d'études : l'an dernier, l'équipe de Barry Komisaruk avait par exemple découvert chez certaines femmes une activation de la partie du cerveau qui reçoit normalement les sensations en provenance des organes génitaux, lorsque les mamelons étaient stimulés. En, cartographie cérébrale, des liens étroits étaient mis en évidence entre le clitoris, le col de l'utérus et les mamelons.
En outre, ces techniques pourraient avoir un intérêt pour les industriels en permettant une évaluation quantifiable de l'effet de certains médicaments destinés aux troubles du désir ou de l'orgasme. Les chercheurs espèrent aussi mieux comprendre les interactions qui peuvent se produire entre la montée de l'excitation cérébrale et certaines maladies (ou traitements). Plus prosaïquement, il y a quelques années, une équipe hollandaise avait assuré une publicité internationale à l'Université Groningen dont elle était issue en réalisant la première visualisation d'un coït en IRM.