mercredi 16 mai 2012

Une thérapie cellulaire rend la vue à des malvoyants







En France, des patients souffrant d'atteintes graves de la cornée ont été traités avec succès. Comme un coup d'essuie-glace sur un pare-brise plein de boue. C'est l'impression qu'a eue dix-huit ans après son accident une femme de 40 ans opérée par l'équipe du Pr Carole Burillon, chef du service d'ophtalmologie de l'hôpital Édouard-Herriot (CHU Lyon). La spécialiste de la cornée a présenté mercredi les résultats d'une nouvelle technique chirurgicale lors d'une session de l'Académie de chirurgie consacrée à l'ingénierie tissulaire, cette nouvelle médecine qui consiste à fabriquer des tissus humains à partir de cellules et de milieux de cultures. «Des résultats originaux, solides, avec une méthodologie robuste», a commenté enthousiaste le Pr Jean-Michel Dubernard (Haute Autorité de santé).

Le cas de cette quadragénaire n'est toutefois pas isolé. Depuis 2007, l'équipe lyonnaise a opéré 26 patients en utilisant la même procédure. Il s'agissait de personnes dont la cornée des deux yeux était très abîmée et sujette à des ulcères douloureux en raison d'accidents (brûlures thermiques ou caustiques par de la soude ou de l'eau de javel par exemple), d'infections ou de maladies rares. Des pathologies qui toucheraient une cinquantaine de français chaque année.










Schématiquement, la surface d'un œil est formée d'une couche de cellules opaques (qui empêchent la lumière de passer), le blanc de l'œil ou conjonctive, interrompue en son centre par une couche de cellules transparentes, la cornée, qui forme comme un verre de montre. Entre ces deux zones, se trouvent une frontière cruciale, le limbe. Grâce à sa richesse en cellules souches, le limbe permet le renouvellement cellulaire, et surtout empêche les cellules opaques de la conjonctive d'envahir la zone transparente de la cornée. Lorsque ce limbe est détruit par accident, la cornée s'obscurcit. «C'est frustrant de penser que derrière la cornée malade il y a un œil sain», détaille le Pr Burillon.

Des résultats spectaculaires

D'où l'idée de traiter directement la cornée en greffant dessus des cellules cultivées. L'intervention se fait en plusieurs étapes. D'abord, on prélève des cellules dans la bouche des patients, environ 1 cm², sous anesthésie locale. Ces cellules sont ensuite mises en culture pendant quelques semaines sur un film en polymère thermolabile, l'UpCell-Insert fabriqué par une firme japonaise. Particularité de ce support, il libérera facilement la couche cellulaire cultivée à sa surface lorsqu'on le mettra en contact avec la cornée grâce à la basse température (20-22 °C) de cette dernière: «L'adhésion se fait spontanément comme si on avait mis de la colle forte sur la cornée», explique le Pr Burillon.

Grâce à cette autogreffe, si l'on excepte deux échecs (inflammation grave) et un patient dont les médecins sont restés sans nouvelles les résultats sont spectaculaires pour les autres: 22 sur 23 ont noté une amélioration de leur qualité de vie. Parmi les malades qui avaient au départ une vision basse, 11 sur 14 ont vu leur acuité visuelle nettement améliorée. Plus impressionnants encore, six des neufs patients initialement presque aveugles ont connu la même amélioration: en plus de l'autogreffe, ils ont dû bénéficier d'une greffe de cornée du fait d'une atteinte profonde, alors que les autres souffraient de lésions plus superficielles.

Pour le Dr François Malbrel (ophtalmologue à Lille), les avantages de la greffe autologue pour ces patients sont évidents: «On évite les rejets, on dispose d'un capital cellulaire à greffer conséquent, on évite d'affaiblir l'œil sain en cas d'atteinte unilatérale et enfin il n'existe pas de problème éthique tel que ceux rencontrés avec les cellules souches embryonnaires. De plus, cela permet dans la plupart des cas de guérir la pathologie cornéenne en rétablissant sa transparence et de ne pas devoir réaliser une greffe de cornée avec trois ans de recul.»

Fort de ses résultats, l'équipe lyonnaise espère obtenir d'ici à la fin 2012 une autorisation spéciale (ATU) pour poursuivre ses essais et lancer bientôt une étude européenne.


Source : Lefigaro.fr












lundi 7 mai 2012

Implant rétinien : deux Britanniques retrouvent partiellement la vue



Lors d’un essai clinique international, les deux premiers patients britanniques devenus aveugles suite à une rétinite pigmentaire ont reçu un implant rétinien qui restaure, très partiellement, la vision. Les résultats ne sont pas officiellement publiés mais après plus de six années de recul, les scientifiques semblent optimistes concernant l’efficacité du procédé.

Cela fait plus de six ans que l’entreprise allemande Retina Implant teste son matériel sur l’Homme. Il s’agit d’une micropuce qu’il faut placer sous la rétine, la région de l’œil qui capte et transforme la lumière en images, afin de restaurer la vision chez des personnes aveugles. Une première publication, parue en novembre 2010 dans la revue Proceedings of the Royal Society B, expliquait que l’implant était plus efficace lorsqu’il était placé au niveau de la macula, là où l’on voit le mieux.

Depuis, la majorité des patients atteints de rétinite pigmentaire (une maladie qui détruit progressivement les cellules rétiniennes jusqu’à la cécité) qui ont été traités avec cette micropuce recouvrent très partiellement la vision, devenant capables de distinguer des contrastes nets (une assiette blanche sur une nappe noire par exemple) et de reconnaître quelques objets usuels. Le Finlandais Miikka Terho, l’un des premiers à avoir reçu l’implant, impressionne même les scientifiques en parvenant à distinguer certaines couleurs, alors qu’il est censé voir en noir et blanc.

Rétine artificielle : les patients anglais

Désormais, l’essai clinique s’élargit et débarque au Royaume-Uni. Douze nouveaux non-voyants devraient en tout bénéficier de la rétine artificielle. Pour le moment, seuls deux d’entre eux ont subi l’opération, longue de huit heures, à la mi-avril. Les résultats sont déjà prometteurs.


Ce schéma explique brièvement le fonctionnement de la puce. La lumière est focalisée par la cornée et le cristallin vers la micropuce implantée juste sous la rétine. Les 1.500 électrodes transforment l'information lumineuse en signal électrique transmis jusqu'au cerveau. © Idé
Chris James, 51 ans, était devenu aveugle de l’œil gauche, son œil droit ne pouvant que simplement différencier l’ombre de la lumière. Dès l'activation de l’implant, il a pu mieux percevoir la lumière et distinguer les contours de certains objets. Il a aussi pu avoir un aperçu visuel de sa femme, épousée il y a sept ans alors qu’il était déjà aveugle. Pour Robin Millar, le procédé a provoqué chez lui une petite révolution : « J’ai rêvé en couleur pour la première fois depuis vingt-cinq ans, donc une partie de mon cerveau qui était jusque-là endormie s’est réveillée ! »

La vision pourrait s’améliorer avec le temps

La micropuce mesure 3 mm de côté, et se compose de 1.520 électrodes, ou microphotodiodes, qui captent la lumière, comme le font normalement les cellules en cônes et en bâtonnets, et la transforment en un signal électrique proportionnel à l’intensité lumineuse. L’information est transmise via le nerf optique, toujours fonctionnel bien qu’il n’ait plus été réellement sollicité depuis des années, jusqu’au cerveau, qui va alors recréer une image.

Tim Jackson, chirurgien de l’œil au King’s College de Londres, impliqué dans ce travail, précise que les patients ne retrouveront pas leur vision d’antan, mais mieux percevoir leur environnement, ce qui devrait malgré tout grandement améliorer leur quotidien. Les chercheurs espèrent que l’acuité visuelle s’améliorera au fur et à mesure, car le cerveau doit réapprendre à voir, et il faut laisser le temps aux processus cérébraux de se perfectionner.

Cette rétine artificielle constitue un espoir pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire (un Européen sur 4.000), mais aussi de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la première cause de cécité chez les personnes âgées, affectant 25 % des séniors de plus de 65 ans

Source ; Futura santé

jeudi 3 mai 2012

Des chirurgiens extraient le rein d'une patiente en le sortant par son vagin





Baltimore, États-Unis – Une femme se fait enlever un rein par le vagin, pour qu'il soit transplanté à sa nièce malade.

C’est une nouvelle technique d’ablation des reins testée à Baltimore sur Kimberly Johnson. Cette dernière avait souhaité donner son rein à sa nièce qui était souffrante et avait besoin d’une transplantation.

L’opération est certes exceptionnelle mais les membres du corps médical entendent vivement l’encourager car elle est moins douloureuse et permet au donneur de se rétablir plus rapidement.
 Le docteur Anthony Kalloo est l’un des pionniers de la méthode de l’ablation des organes via des voies naturelles. La technique n’est pas nouvelle : pas moins de 300 opérations dans le monde ont été pratiquées grâce à cette méthode mais elles concernaient généralement l’ablation d’appendices ou de vésicules biliaires retirés par la bouche. Cependant, extraire un rein par le vagin est peu courant et c’est sans doute la première fois que l’opération a lieu.

L’opération a été une réussite et de tels dons sont vivement encouragés. Néanmoins, certains praticiens entendent mettre en garde les patients sur les risques encourus. Le docteur Jihad Kaouk interrogé sur la question a affirmé qu’il y avait un risque d’infection de l’organe traversant une zone qui peut être contaminée pour le receveur. Dans le cas de Mme Johnson, un sac en plastique avait été placé dans sa cavité abdominale afin de prévenir d’éventuelles contaminations de l’organe.

mardi 1 mai 2012

Deux groupes sanguins viennent d’être découverts : Junior et Langereis

Parmi la trentaine de groupes sanguins qui existent, deux petits nouveaux viennent d’intégrer la liste. Nommés Junior et Langereis, ils concerneraient peu de gens mais pourraient expliquer quelques-unes des difficultés consécutives à des transfusions sanguines, le rejet de certaines greffes ainsi que des incompatibilités entre une mère et son enfant à naître.

Un groupe sanguin consiste en une classification du sang en fonction de l’absence ou de la présence de substances antigéniques à la surface des globules rouges, c'est-à-dire des molécules qui peuvent être reconnues par les anticorps du système immunitaire. Le plus célèbre d’entre tous est le système ABO, devant le système rhésus. La Société internationale de transfusion sanguine dénombre aujourd’hui très précisément 29 groupes sanguins différents, qu’on ignore bien souvent.

Il faudra en ajouter deux petits nouveaux, découverts très récemment par une collaboration internationale de chercheurs, dont de nombreux scientifiques français de l’Institut national de la transfusion sanguine. Révélés dans la revue Nature Genetics, ils se nomment Junior et Langereis.

À l’origine de ces nouveaux groupes, deux protéines nommées ABCB6 et ABCG2, appartenant au vaste ensemble des transporteurs ABC (ATP-binding cassette), dont le rôle est de faire traverser la membrane plasmique à un certain nombre de substances. Ces deux molécules sont également en ligne de mire dans la résistance aux traitements contre le cancer.

Les protéines ont dans un premier temps été purifiées, puis identifiées. Les chercheurs ont utilisé les antigènes des deux groupes et ont pu constater que certains échantillons de sang dont ils disposaient présentaient les anticorps spécifiques. Cette réaction immunitaire révèle donc la présence de deux nouveaux groupes sanguins, puisqu’il y a discrimination des cellules du sang. Des mutations dans les gènes concernés ont même été retrouvées.


Le système ABO est le groupe sanguin le plus connu. Comme on peut le voir sur ce tableau, en fonction de son groupe sanguin on présente ou non des antigènes, ce qui définit en retour la présence de certains anticorps spécifiques. Ainsi, il est important lors d’une transfusion d’injecter du sang qui ne sera pas rejeté par le receveur. Il en va en réalité de même pour tous les groupes sanguins définis : le système rhésus, le sytème Kell, le système Langereis, le système Junior et tous les autres… © historicair, Wikipédia, DP

Deux nouveaux groupes sanguins, plus de transfusions réussies

Les problèmes associés à ces groupes sanguins sont très rares, mais il existe malgré tout quelques populations à risque, parmi lesquelles une partie de la population japonaise et les Gitans d’Europe. Pour ces personnes, le danger est que certaines greffes ou transfusions pourraient ne pas prendre, ou qu'une incompatibilité apparaisse entre une mère et son fœtus.

Les rejets de greffe ou de sang dépendent de la réaction immunitaire de l’organisme puisque, pour se protéger, celui-ci cherche à distinguer les éléments qui le constituent de ceux qui composent des agresseurs extérieurs, dont il va chercher à se débarrasser. Certains rejets restent encore inexpliqués, et les auteurs de l’étude pensent que ces protéines pourraient parfois être les coupables.

Prenons l’exemple d’un patient Langereis négatif. Cela signifie que ses cellules sanguines ne présentent pas la protéine ABCB6 à leur surface. L’organisme peut alors fabriquer des anticorps visant spécifiquement cette protéine, puisqu’elle n’est pas associée aux molécules présentes naturellement dans le corps. Ainsi, lors d’une transfusion avec du sang Langereis positif, le système immunitaire va percevoir ce sang injecté comme étranger, et les cellules qu’il contient vont être détruites.

Après cette découverte, les chercheurs ne comptent pas en rester là et vont tenter de trouver de nouveaux groupes sanguins. Ils estiment qu’il en reste dix ou quinze qui n'ont pas encore été identifiés. S’ils viennent d’en révéler deux simultanément, le dernier mis au jour datait d’une petite dizaine d’années. L’entreprise dans laquelle ils se lancent risque donc de les occuper durant un long moment encore…

jeudi 26 avril 2012

Le point G enfin découvert ?




Un gynécologue américain affirme avoir découvert le mystérieux lieu du plaisir féminin en disséquant le cadavre d'une Polonaise de 83 ans.

Pour un gynécologue, c'est un peu la découverte du Graal. Adam Ostrzenski et son équipe de l'Institut de gynécologie de Saint-Petersbourg, en Floride, sont convaincus d'avoir la preuve de l'existence du point G, l'aussi célèbre qu'insaisissable zone du plaisir féminin. En procédant à l'autopsie du corps d'une Polonaise de 83 ans décédée d'un traumatisme crânien, ils affirment avoir découvert une structure anatomique bien délimitée, située sur la membrane périnéale, à très précisément 16,5 millimètres de la partie supérieure de l'orifice de l'urètre et formant un angle de 35 ° par rapport à la partie latérale de celui-ci.
Dans un article publié dans le très sérieux Journal of sexual medecine, les scientifiques expliquent avoir procédé à une dissection de la paroi intérieure du vagin selon une nouvelle méthode. Ils fournissent également une description très précise de leur découverte. Le point G aurait ainsi l'allure d'un petit sac couleur raisin noir, long de 8,1 mm, large de 1,5 à 3,6 mm et haut de 0,4 mm. Une fois retiré du cadavre, il mesurerait, avec l'ensemble des tissus adjacents, entre 8,1 et 33 mm. Adam Ostrzenski évoque un tissu érectile, irrégulier et très innervé et imagine déjà "une meilleure compréhension et une amélioration de la fonction sexuelle des femmes". 

Avis critiques 

La controverse autour de l'existence anatomique de ce lieu du plaisir féminin aurait-elle donc pris fin ? Rien n'est moins sûr. Depuis son "invention" par le docteur Ernst Gräfenberg dans les années cinquante, le point G n'a cessé de susciter la controverse, et ce n'est pas une étude de cas qui stoppera la mécanique. Certains scientifiques, en France comme aux États-Unis, critiquent déjà les conclusions d'Adam Ostrzenski.
Outre la personnalité du chercheur, connu pour pratiquer des opérations de chirurgie plastique, condamnées par l'Americain college of obstetricians and gynecologists, sur les organes génitaux féminins, deux principaux reproches lui sont faits. Primo, ses recherches portent sur un seul et unique cadavre. Secundo, en travaillant sur un corps sans vie, il ne peut établir aucun lien entre ce qu'il a observé et sa fonction supposée. Un peu léger donc... Toutefois, pour étayer ses dires, l'équipe d'Adam Ostrzenski a promis de récidiver.
Source : le Point.fr  Par 

mercredi 25 avril 2012

Les dérèglements minimes de la thyroïde sont dangereux pour la santé


  • Des dérèglements minimes de la thyroïde, aussi bien vers l'hypothyroïdie que vers l'hyperthyroïdie, présentent des risques pour la santé.
  • Ces dérèglements ne sont habituellement pas soignés.

  • Les troubles de la thyroïde sont très fréquents en France. Ils touchent en majorité les femmes et leur prévalence augmente avec l'âge et certains facteurs comme la ménopause. Le diagnostic repose en général sur une simple prise de sang qui mesure la TSH, une hormone hypophysaire qui ordonne à la glande thyroïde de produire plus ou moins d'hormones.

    L'hypothyroïdie est généralement définie lorsque la TSH est supérieure à 5 et l'hyperthyroïdie est généralement définie lorsque la TSH est inférieure à 0,5. Comme expliqué dans un précédent article, les normes de TSH sur les analyses de sang n'ont cessé d'évoluer au fil du temps. Il arrive qu'une personne puisse présenter une TSH légèrement supérieure à 5 (on parle d'hypothyroïdie infraclinique ou subclinique) ou inférieure à 0,5 (on parle d'hyperthyroïdie infraclinique ou subclinique) sans manifester de symptômes. Dans ce cas la décision de soigner est délicate et la plupart des médecins Français s'y refusent. Aujourd'hui deux nouelles études mettent en évidence que même un léger décalage des valeurs de TSH par rapport à la normale peut avoir des conséquences importantes sur la santé.

    Une large étude Britannique ayant porté sur plusieurs milliers de personnes, suivies pendant presque 8 ans, a montré que le traitement de l'hypothyroïdie lorsque la TSH se situe entre 5 et 10 permettait de diminuer le risque de problèmes cardiaques de 39% et de réduire la mortalité totale de 64%, notamment via une meilleure survie en cas de cancer.

    Pour l'hyperthyroïdie, les chercheurs ont analysé les résultats de 5 études ayant porté sur plus de 8 000 malades pendant presque 9 ans. Ils notent que les personnes ayant une TSH inférieure à 0,45 qui ne sont pas soignées ont un risque augmenté de mourir, toutes causes confondues, de 24%; un risque augmenté de troubles cardiovasculaires entrainant la mort de 29% et un risque de fibrillation auriculaire, un trouble sérieux du rythme cardiaque, augmenté de 68%.
    Bien que les chercheurs estiment que ces résultats doivent encore pris avec précaution, Kenneth Burman, médecin à l'université de Georgetown à Washington, explique dans un éditorial de la prestigieuse revue médicale Archives of Internal Medicine que ces résultats soulignent l'importance de considérer l'hypo et l'hyperthyroïdie infracliniques comme de vraies pathologies. Il ajoute : "Le lien entre l'hyperthyroïdie infraclinique et l'augmentation de la mortalité et la fibrillation auriculaire est suffisamment fort pour nous encourager à soigner l'hyperthyroïdie infraclinique, en particulier chez les patients qui présentent des risques cardiaques, des symptômes légers d'hyperthyroïdie ou de l'ostéoporose." En effet lorsqu'un problème thyroïdien apparaît, il est particulièrement rare qu'il évolue vers la guérison de manière spontanée.

    Pour tout savoir sur le bon traitement des problèmes thyroïdiens, consultez notre article : "Thyroïde : pourquoi êtes-vous si mal soigné ?"





    Référence : Razvi S, et al. Levothyroxine treatment of subclinical hypothyroidism, fatal and nonfatal cardiovascular events, and mortality. Arch Intern Med 2012; DOI: 10.1001/archinternmed.2012.1159.
    Collet TH, et al. Subclinical hyperthyroidism and the risk of coronary heart disease and mortality. Arch Intern Med 2012; DOI: 10.1001/archinternmed.2012.402. 

jeudi 19 avril 2012

Enfin un atlas de l'intelligence dans le cerveau humain


Les structures du cerveau impliquées dans l’intelligence générale et des fonctions exécutives ont pu être cartographiées en 3D, par des chercheurs qui ont observé des vétérans américains de la guerre du Vietnam présentant des lésions cérébrales très localisées. Verra-t-on un jour débarquer l'équivalent d'un GPS qui guidera l'influx nerveux vers les bons neurones ?

Paris, seconde moitié du XIXe siècle. Paul Broca, médecin de renom, reçoit des visites d’un de ses patients, monsieur Leborgne, qui le consulte pour des problèmes d’élocution : ce jardinier, qui jadis savait parler correctement, n’arrive désormais à prononcer que le son « tan ».
À la mort de ce pauvre homme, l’anatomiste examine son cerveau et remarque une région lésée. Il en déduit que cette zone, défaillante chez monsieur Leborgne, est impliquée dans le langage. Il devient possible de localiser l’aire de Broca sur l’encéphale.

C’est en partant de ce même principe, tout en faisant appel aux technologies modernes, que des chercheurs de l’université d’Illinois viennent de présenter une carte de l’intelligence du cerveau humain dans le journal Brain.

Des vétérans blessés passent les tests d’intelligence

Cette fois, pas de jardinier mais 182 vétérans américains de la guerre du Vietnam, rentrés au pays avec des lésions cérébrales très localisées. Il était indispensable que ces volontaires remplissent ce critère car des dommages trop importants recouvrent plusieurs régions aux fonctions différentes et abaissent la précision des données.
À la différence de l'étude de Broca il y a 150 ans, les cerveaux des participants ont pu être visualisés in vivo par tomodensitométrie (scanner dont l’image est reconstituée par ordinateur en deux ou trois dimensions), pendant que les sujets répondaient à une large batterie de tests cognitifs. Ainsi les scientifiques pouvaient évaluer le facteur g (l’intelligence générale comme la compréhension ou la mémoire) et les fonctions exécutives (raisonnement, mémoire de travail, planification etc.).
En combinant l’imagerie médicale avec les différentes tâches effectuées, ils ont pu établir une carte composée à partir de plus de 3.000 points appelés voxels (des pixels en 3D).
Les anciens combattants présentaient donc des lésions à quelques voxels particuliers. En comparant alors leurs performances durant les tests avec celles de volontaires sans dommage au cerveau, les chercheurs ont pu identifier les régions essentielles à une fonction cognitive spécifique et les structures qui contribuent à l’intelligence au niveau cortical.

Trois régions du cerveau impliquées dans l’intelligence


Plusieurs régions clés ont été répertoriées. Les plus importantes se retrouvent au niveau du cortex préfrontal gauche, du cortex temporal (très largement utilisé pour l'intelligence générale) et à l’arrière du cerveau, au niveau du cortex pariétal. Il est intéressant de remarquer que certaines zones de l’intelligence générale et des fonctions exécutives se chevauchent (voir l’image ci-dessous). Ces structures sont également interconnectées.

Cette expérience, l’une des plus vastes du genre, démontre donc clairement que les facultés intellectuelles et cognitives ne correspondent pas à une région précise du cerveau, ni à l’intégralité de l’encéphale, mais qu’elles dépendent de quelques aires spécifiques, ce dont on se doutait déjà.

Aron Barbey, le superviseur de ce travail précise que « les régions particulières et les connexions que nous avons découvertes […] indiquent que l’intelligence dépend de la capacité du cerveau à intégrer l’information depuis des processus verbaux, visuels, spatiaux et exécutifs ».
La prochaine étape : tenter de comprendre comment le cerveau, les gènes, le régime alimentaire et l’environnement interagissent et contribuent au développement de nos capacités intellectuelles. Vaste travail qui attend les scientifiques. Quelles régions de leur cerveau solliciteront-ils pour mener à bien cette recherche ?



Source :   Futura-Science  

dimanche 8 avril 2012

Grossesse : fœtus sous surveillance… à distance



La fin des rendez-vous interminables à l’hôpital pour faire le suivi d’une grossesse est peut-être pour demain.


 C’est ce que laisse sous-entendre l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT) qui a présenté hier le "Surfœtus".
 Mis au point après des années de recherche, ce nouveau système permettrait de surveiller le fœtus à distance.testé et validé par le CHU de Tours,
 « Surfœtus », mis au point par l’IRIT, permet, grâce à une ceinture de capteurs à ultrasons posée sur le ventre de la femme enceinte, de contrôler à distance l’état de santé du futur bébé:  le système recueille en effet un certain nombre de données (rythme cardiaque du foetus, mouvements, respiration, etc.) qui sont ensuite transmises à un ordinateur.


 Les spécialistes peuvent ainsi, depuis leur cabinet, les décrypter et vérifier que la grossesse se passe bien, sans que la future maman ait à se déplacer.


Denis Kouamé et son équipe de l’IRIT soulignent l’intérêt d’un tel procédé pour les patientes, mais aussi pour les médecins qui peuvent, en temps réel, surveiller à tout moment l’état de santé du fœtus et ainsi, évaluer la présence d’anomalies, les grossesses à risques, et les cas demandant une hospitalisation. Par ailleurs, les chercheurs estiment que « Surfœtus » est plus performant qu’une échographie et que le monitoring, car il permet de déterminer rapidement si l’enfant à venir est en souffrance dans le ventre de sa mère.

Si le système séduit déjà certains hôpitaux, il faudra avant d’imaginer une commercialisation de « Surfœtus », mettre en place une étude de grande envergure afin de déterminer la pertinence et l’efficacité d’un tel procédé...



.informationhospitaliere.com

mercredi 4 avril 2012

Une naissance sur 30 est gémellaire





Les progrès des traitements contre l’infertilité conduisent à un accroissement du nombre de naissances gémellaires ou multiples.


En 2009, aux États-Unis, un enfant né sur trente avait un jumeau contre un sur 53 en 1980. Cette augmentation du nombre de naissance gémellaire, annoncée lors du 14e Congrès de la Société internationale des études sur les jumeaux à Florence, en Italie, est attribuée à plusieurs facteurs liés à l’amélioration des techniques médicales. « Les deux tiers de la hausse s’expliquent par l’utilisation accrue des traitements pour la fertilité et le tiers restant par l’augmentation de l’âge de grossesse de la mère » détaille Barbara Luke, de l’université du Michigan.




Les thérapies qui améliorent la fertilité comprennent à la fois techniques de procréation médicalement assistée (les bébés éprouvette) et les médicaments stimulant l'ovulation. Environ 12 pour cent des femmes américaines ont bénéficié d’une thérapie de la fertilité en 2009. Le nombre de naissances de triplés et de fratries plus nombreuses est également en hausse selon la scientifique : une sur 651 en 2009 contre une sur 2702 en 1980. « Les naissances multiples entrainent des risques sanitaires supplémentaires » prévient-elle en appelant à plus de recherche sur le sujet.




Par Joël Ignasse


Source :   Sciences et Avenir.fr 

vendredi 30 mars 2012

Du chocolat pour maigrir ?



Les bienfaits potentiels du chocolat ont souvent été évoqués au cours des dernières années : des études épidémiologiques mettent en évidence une relation négative entre sa consommation et l’incidence de certaines pathologies chroniques et facteurs de risque cardiovasculaire. En outre, des travaux fondamentaux et quelques essais cliniques chez l’homme ont montré l’impact bénéfique du cacao sur la fonction vasculaire et la pression artérielle. Quant à l’étude de Golomb et al. elle s’est attachée à analyser la relation entre la consommation de chocolat et l’indice de masse corporelle (IMC), avec des résultats quelque peu surprenants !

Les habitudes nutritionnelles de 1 018 hommes et femmes âgés de 20 à 85 (âge moyen : 57 ans, IMC moyen : 28 kg/m²) et participant à une étude sur l’effet non cardiovasculaire des statines ont été examinées grâce à un questionnaire sur la fréquence de consommation des aliments et sur le niveau d’activité physique. Une évaluation de l’humeur a également été réalisée à l’aide d’un score validé.

Les sujets consommant du chocolat avaient un apport calorique total supérieur et un score plus élevé de dépression. A l’inverse, leur niveau d’activité physique paraissait plus faible. Malgré ces associations en faveur d’un rôle délétère du chocolat sur le poids, ceux qui en consommaient fréquemment avaient un IMC inférieur à ceux qui en mangeaient plus rarement. Un ajustement sur l’IMC, le sexe, les apports en graisses saturées et en fruits et légumes, le score de dépression et l’apport calorique total, avait tendance à accentuer la relation inverse entre la fréquence de consommation de chocolat et l’IMC.

Les hypothèses ne manquent pas pour tenter d’expliquer le rôle potentiellement causal du chocolat dans l’association statistique observée : effet des polyphénols…

Attention toutefois aux conclusions hâtives : cette étude d’observation transversale ne montre qu’une association statistique et nous sommes encore loin de disposer d’une preuve de l’effet amaigrissant du chocolat…



Dr Boris Hansel


Golomb BA et coll. Association Between More Frequent Chocolate Consumption and Lower Body Mass Index. Arch Intern Med. 2012 ;172 : 519-521.