vendredi 23 mars 2012

Cancer : l'effet bénéfique de l'aspirine confirmé




Trois études révèlent son intérêt dans la prévention et le traitement des cancers.
Cela apparaît de plus en plus nettement: l'aspirine joue clairement un rôle positif dans la prévention mais aussi dans l'évolution du cancer. Les trois nouvelles études publiées mercredi dans le Lancetet le Lancet Oncology viennent renforcer les résultats déjà obtenus par l'équipe du Pr Peter Rothwell (université d'Oxford). Dès 2007, ses travaux indiquaient une réduction globale par l'aspirine du risque à long terme de décès par cancer. En 2010, il avait démontré cet effet bénéfique d'abord pour le cancer colorectal, puis pour d'autres tumeurs -prostate, estomac, poumons, pancréas… Cette réduction globale de la mortalité par cancer, de 20 à 25% selon les tumeurs, était encore plus élevée (34%) lorsque la durée de la prise quotidienne d'aspirine dépassait cinq ans.

Restait à savoir si le même bénéfice se faisait aussi sentir à plus court terme. C'est ce qu'ont cherché à établir Peter Rothwell et John Radcliffe (hôpital d'Oxford) dans cette nouvelle série de travaux. Pour cela, ils se sont servis comme auparavant des nombreux essais qui ont évalué l'action de l'aspirine, utilisée à dose quotidienne dans la prévention au long cours des accidents cardio-vasculaires pour son effet anti-agrégant plaquettaire et fluidifiant du sang.

Dans la première étude publiée mercredi par le Lancet, l'analyse des dossiers médicaux des 77.549 patients inclus dans 51 essais de prévention cardio-vasculaire montre que l'aspirine diminue globalement de 15% le risque de décès par cancer chez les patients traités par rapport aux témoins. Ce risque est même réduit de 37% si on tient seulement compte des 5 premières années de traitement. De plus, dans 6 essais de prévention primaire des accidents cardio-vasculaires par de faibles doses quotidiennes d'aspirine (soit 35.535 participants), la survenue d'un cancer est réduite d'environ un quart durant les 3 premières années du traitement, de façon presque identique chez les hommes (23%) et les femmes (25%). Le risque de saignements lié à l'utilisation de l'aspirine a tendance à se réduire avec la durée du traitement.

La deuxième étude porte sur la survenue de métastases au cours de cancers diagnostiqués durant 5 essais randomisés de prévention des accidents cardio-vasculaires par de l'aspirine à la dose quotidienne de 75 mg, soit 17.285 personnes. La durée moyenne du suivi a été de 6,5 ans. Ici, le risque de cancer avec métastases à distance a été réduit de 36% dans le groupe traité par aspirine comparé au groupe témoin sous placebo.

Indépendant de l'âge et du sexe

Cette réduction est particulièrement forte (46%) pour les adénocarcinomes, les formes les plus courantes des tumeurs solides (côlon, poumons, prostate… notamment), plus faible pour les autres formes de cancer. Pour ces adénocarcinomes, le risque est réduit de 31% s'il s'agit d'un diagnostic de tumeur métastatique d'emblée, et de 55% lorsqu'il s'agit de métastases apparues secondairement au diagnostic. Cet effet est indépendant de l'âge et du sexe.

La troisième étude, publiée celle-ci par le Lancet Oncology, s'intéresse aussi à l'effet préventif de l'aspirine sur les métastases, mais cette fois en comparant les résultats des essais randomisés avec ceux des études menées selon d'autres méthodologies. Ce travail confirme la réduction des métastases pour plusieurs cancers étudiés (colorectal, œsophage, estomac, sein…).
Pour le Pr François Chast (Hôtel-Dieu, Paris), «après avoir reconnu successivement les vertus de l'aspirine en rhumatologie puis en cardiologie, on se dirige de façon quasiment inéluctable vers la reconnaissance de l'intérêt de l'aspirine dans la prévention des cancers. Les résultats deviennent significatifs à partir de la 3e année à dose élevée, de la 5e année pour les faibles doses, ce qui est assez rapide, et l'étude confirme la nécessité d'une prise quotidienne».

Mais il n'en faut pas moins garder à l'esprit certaines limites de ces études, estime le pharmacologue: «Elles ont été réalisées à partir d'études de prévention cardio-vasculaire, donc pas conçues par des cancérologues, avec tous les critères pertinents pour fournir des résultats en cancérologie.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger le risque d'hémorragie digestive avec l'aspirine, même si on peut le réduire significativement en traitant ces patients pour éradiquer la bactérie Helicobacter pylori de leur estomac, ou en ajoutant au traitement un inhibiteur de la pompe à protons pour limiter le risque d'ulcère.» Mais, estime le Pr Chast, «ces résultats sonnent comme le printemps d'une nouvelle approche en cancérologie. Malheureusement l'aspirine est quasiment un médicament orphelin, qui ne bénéficie pas de l'intérêt, du soutien d'un industriel pour faire avancer sa cause auprès des autorités du médicament. C'est peut-être sa principale faiblesse…»


Source :   Le Figaro >>

jeudi 22 mars 2012

Trois jours pour traiter les kératoses actiniques avec le mébutate d’ingénol



La possible évolution des kératoses actiniques (KA) en carcinomes épidermoïde cutané justifie la destruction de ces lésions qui sont très fréquentes notamment sur les zones photoexposées. Plusieurs options thérapeutiques sont possibles, au premier rang desquelles la cryothérapie mais aussi la chirurgie et plus rarement le laser ou encore l’électrocoagulation. Elles ont l’inconvénient de ne pas empêcher un taux élevé de récidives et d’exposer à des cicatrices. Des traitements topiques sont également proposés, dont certains relativement récents à base de 5 fluoro-uracile, d’imiquimod, de diclofénac et de photothérapie dynamique. Leur avantage est de pouvoir traiter « le champ de cancérisation », c'est-à-dire une zone plus large autour de la ou des kératoses actiniques, zone où il a été montré qu’il existait des lésions infra-cliniques, non visibles, à l’origine des récidives. En revanche, ils sont contraignants (longues durées d’application, phénomènes locaux inflammatoires marqués) ce qui limite la compliance et donc leur efficacité.

Un principe actif d'origine botanique

L’espoir de disposer d’un traitement des kératoses actiniques efficace, bien toléré et facile à appliquer pourrait se concrétiser avec l’arrivée du mébutate d’ingénol. Il a été observé dans des études précliniques que ce principe actif, dérivé d’une plante commune, l’Euphorbia peplus induit une mort cellulaire directe et rapide et une réponse immune médiée par l’activation de la protéine kinase C, pouvant provoquer la disparition de lésions tumorales.
L’efficacité de l’application de courte durée d’un gel de mébutate d’ingénol dans le traitement des kératoses actiniques a été évaluée dans 4 études multicentriques randomisées en double aveugle contre placebo. Pour être inclus les patients devaient avoir plus de 18 ans et présenter de 4 à 6 KA visibles sur une zone de 25 cm2 de la face, du cuir chevelu, du tronc ou des extrémités. Le gel à 0,015 % de mébutate d’Igonélol ou un placebo a été appliqué pendant 3 jours consécutifs sur ces zones cibles au niveau céphalique et le gel à 0,05 % ou un placebo pendant 2 jours consécutifs dans les autres localisations.
Le principal critère de jugement était la disparition complète des KA visibles sur la zone d’application à J 57.

Les kératoses disparaissent dans 34 à 42 % des cas

L’analyse poolée des résultats des essais montre que pour le visage et le cuir chevelu le taux de résolution complète des lésions est, avec le gel de mébutate d’ingénol, de 42,2 % vs 3,7 % avec le placebo (p<0,001) et pour les kératoses du tronc et des extrémités de 34,1 % vs 4,7 % (p<0,001). L’importance des réactions locales a été quantifiée à l’aide d’une échelle cotant de 0 à 4 en fonction de la sévérité, 6 types de réactions : érythème, desquamation, croûtes, œdème, vésicules/pustules, érosion/ulcération. Le score, sur cette échelle, a culminé en moyenne à 9,1 ± 4,1 au 4e jour pour les lésions céphaliques et à 6,8 ± 3,5 pour les autres localisations, puis a diminué rapidement en 8 jours pour revenir au score de base en 29 jours.
Les taux de réponse obtenus avec le mébutate d’ingénol sont comparables à ceux procurés par les autres traitements topiques : diclofénac (50 % de résolution avec 2 applications par jour pendant 90 jours), imiquimod 5 % (45,1 % avec 2 applications par semaine pendant 16 semaines) ou encore crème au flurorouracile 0,5 % (47,5 % avec 1 application par jour pendant 4 semaine).
Cependant, on ne peut que remarquer que pour une efficacité similaire, le traitement par mébutate d’ingénol ne réclame que 3 applications sur 3 jours consécutifs et que les effets secondaires restent modérés et rapidement résolutifs.
Ceci est bien sûr un gage de bonne adhésion au traitement.
Mais il reste à évaluer les résultats à long terme de cette approche et l’effet et la tolérance d'applications sur des zones plus étendues et répétées dans le temps.


Dr Marie-Line Barbet

Lebwohl M et coll. : Ingenol mebutate gel for actinic keratosis. N Engl J Med., 2012 ; 366 : 1010-9

mercredi 21 mars 2012

De l’échographie sur Smartphone – De la fiction à la réalité


Une société vient d’inventer le premier appareil SMARTPHONE-ECHOGAPHIE, validé par la FDA (Food & Drug Administration). Cet appareil offre la possibilité de faire un examen échographique n’importe où!

Il s’agit d’un outil diagnostic très portatif qui allie la portabilité et la connectivité à internet d’un Smartphone, à un set d’outils diagnostic personnels et accessibles, offrant aux praticiens la possibilité de faire une médecine meilleure à moindre coût.


Utile dans l’urgence, cet appareil permet de faire des échographies au lit du malade à l’hôpital ou lors des visites à domicile, mais aussi au cours des transports et ramassage des blessés nécessitant un examen échographique sur place ou dans l’ambulance.

Les avantages de ce nouveau « gadget » sont multiples. Il offre par exemple la possibilité d’envoi d’images par internet à un autre médecin pour avoir un second avis, ou pour justifier une intervention chirurgicale avant même l’arrivée du blessé à l’hôpital.

A notre connaissance, cet outil n’est pas encore disponible sur le marcher mais cela ne devrait pas tarder. Il faut préciser aussi que ces appareils ne sont pas compatibles avec les Smartphones habituels. Ils ne sont compatibles en ce moment qu’avec le Smartphone Toshiba TG01)


L’utilité de ces engins est indiscutable. Cependant la démocratisation de son prix (certainement dans l’espace de quelques années) et sa petite taille encourageront son acquisition par le grand public. On ne devra pas être étonnés si on voit demain nos filles faire elles-mêmes leur échographie pour suivre leur grossesse et voir leurs bébés in-utéro. 

mardi 20 mars 2012

Découverte de deux protéines impliquées dans le positionnement des noyaux musculaires

La position des noyaux cellulaires dans les fibres musculaires joue un rôle important dans certaines faiblesses du muscle. C’est ce que vient de montrer Edgar Gomes, chercheur Inserm dans le groupe myologie de l’institut Myologie (Unité mixte Inserm/UPMC) en collaboration avec une équipe américaine. Les chercheurs ont identifié plusieurs protéines impliquées dans le « bon » positionnement des noyaux, nécessaire au fonctionnement du muscle. Leurs résultats sont publiés dans une Lettre dans la revue Nature, datée du 18 mars.

Pour bouger, les êtres vivants ont besoin de muscles et plus particulièrement des muscles squelettiques qui sont sous le contrôle du système nerveux. Ces derniers sont constitués de fibres musculaires cylindriques avec une multitude de noyaux périphériques. Le mécanisme par lequel les noyaux se positionnent en périphérie dans les fibres musculaires est encore mal connu. Une équipe de chercheurs franco-américains a essayé de mieux connaitre les raisons d’une telle disposition.

L’équipe d’Edgar Gomes et ses collaborateurs ont découvert le mécanisme impliqué dans le positionnement des noyaux dans les fibres musculaires. Les chercheurs ont identifié, chez la drosophile et la souris, deux protéines impliquées dans le positionnement des noyaux : la protéine Kif5b, appartenant à la famille des kinésines (moteurs moléculaires), et la protéine MAP7, qui permet le mouvement de différentes organelles (1) dans la cellule.

Ils sont parvenus à ce résultat en mutant les gènes codants pour les protéines MAP7 et Kif5b de la drosophile et en étudiant le développement de l’embryon. Ils observent dans ce cas que les noyaux ne s'alignent pas correctement dans les fibres musculaires.

"La présence de MAP7 est exigée pour le positionnement des noyaux dans les fibres musculaires chez la drosophile et chez les mammifères" précise Edgar Gomes, chargé de recherche Inserm. L'équipe de chercheurs est parvenus à décrire le mécanisme du positionnement des noyaux dans les fibres impliquant la protéine MAP7 et son interaction avec le moteur moléculaire : la kinésine Kif5b. Ils ont montré qu’une mutation de ces protéines n’affectait pas l’élongation du muscle ni même l’attachement au squelette mais bien seulement la position des noyaux.

L’équipe d’Edgar Gomes, en faisant interagir les deux protéines ensemble, suggère que MAP7 se lie à Kif5b pour favoriser le positionnement des noyaux. "Par ailleurs, ces protéines agissent génétiquement et physiquement ensemble, et leur lien physique est nécessaire pour le positionnement correct des noyaux. Nos résultats montrent que celui-ci permet le bon fonctionnement du muscle" souligne Edgar Gomes.

Les maladies musculaires entrainant une faiblesse au niveau des fibres peuvent être associées à un défaut d’alignement des noyaux cellulaires. L’équipe d’Edgar Gomes a montré qu’en replaçant correctement les noyaux, le muscle redevient fonctionnel. "Nous suggérons qu’en corrigeant les défauts de positionnement des noyaux musculaires chez des patients atteints de myopathies, les malades pourraient voir leur fonction musculaire s’améliorer" conclut Edgar Gomes.


Note
(1) Structures spécialisées de la cellule contenues dans le cytoplasme

Sources
"MAP and kinesin-dependent nuclear positioning is required for skeletal muscle function" 
Thomas Metzger1,2*, Vincent Gache3*, Mu Xu1, Bruno Cadot3, Eric S. Folker1, Brian E. Richardson1, Edgar R. Gomes3,4* et Mary K. Baylies1,2*
(1) Program in Developmental Biology, Sloan-Kettering Institute, New York, New York 10065, USA. 
(2) Weill Graduate School of Medical Sciences of Cornell University, New York, New York 10065, USA. 
(3) UMR S 787 Inserm, Université Pierre et Marie Curie Paris 6, 75634 Paris, France. 
(4) Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Institut de Myologie, 75013 Paris, France.
(*) Ces auteurs ont contribué à part égale à ce travail.
Nature, 18 mars 2012

vendredi 16 mars 2012

Un procès contre l'industrie du tabac s'ouvre au Canada




Deux millions de fumeurs et ex-fumeurs québécois ont entamé une procédure judiciaire contre les industriels canadiens du tabac. En tout, ce sont 27 milliards de dollars de dommages et intérêts qui sont réclamés au procès qui s'est ouvert hier à Montréal.

Cela fait maintenant 13 ans que dure un procès opposant les trois principaux fabricants de tabac canadiens (Imperial Tobacco Canada, filiale de BAT, JTI-Macdonald et Rothmans Benson & Hedges ou RBH) à près de deux millions de fumeurs et ex-fumeurs québécois.

Deux recours collectifs québécois ont été présentés : le premier regroupe 90.000 fumeurs et ex-fumeurs québécois victimes de cancers du poumon, de la gorge, du larynx ou d'emphysème. Ils réclament 105.000 dollars (plus de 80.000 euros) par personne. Le second recours réunit lui 1,8 million de fumeurs qui demandent, quant à eux, 10.000 dollars par personne.

L'audience qui a débuté hier à Montréal a commencé par la charge d'un des avocats qui, au nom de près de deux millions de fumeurs dépendants, a dénoncé la "duplicité" des cigarettiers. Me Bruce Johnston a ainsi présenté devant la Cour supérieure du Québec trois principaux fabricants de tabac qui avaient sciemment mis sur le marché des "produits nocifs" en avaient caché ou "banalisé" les risques.

Me Johnston a mis en cause les "stratégies de marketing" des cigarettiers "véhiculant de fausses informations" sur les produits, les accusant de "ne pas avoir utilisé les parties du tabac comportant un taux de nicotine tellement bas qu'elles auraient pour effet de mettre fin à la dépendance d'une bonne partie de fumeurs".

L'avocat a demandé au juge de voir si les industriels du tabac avaient "conspiré pour maintenir un front commun visant à empêcher que les utilisateurs de leurs produits ne soient informés des dangers inhérents à leur consommation".

De son côté, Me André Lespérance qui plaidait également au nom des victimes de maladies liées au tabac, a dénoncé ce qu'il considère comme la rétention, voire la destruction d'informations scientifiques sur les effets du tabac.

Des effets "connus depuis des décennies" 
L’avocate défendant Imperial Tobacco Canada, Me Deborah Glendinning, n’a pas du tout été gênée par ces accusations. "Les plaignants n'auront aucune preuve à présenter que mes clients ont fait quelque chose de mauvais", a-t-elle déclaré. "Fumer est un choix que les gens font pour de multiples raisons et ils doivent en assumer la responsabilité", a ajouté la juriste. Du côté de RBH, Chris Kodderman, le directeur, souligne que "les effets du tabagisme étaient connus de tous depuis des décennies"

mercredi 14 mars 2012

Un médicament diminuerait le racisme


  • Le propranolol, un médicament utilisé depuis plus de 50 ans en cardiologie diminuerait le racisme.
  • Une découverte incroyable.

  • Des chercheurs de l'université de Oxford ont décidé d'examiner les mécanismes neurobiologiques du racisme.
     Le racisme envers les autres s'exprime de deux manières, une consciente (explicite) et une inconsciente (implicite).

     Selon eux les attitudes inconscientes négatives envers les autres races sont à l'origine de nombreux préjudices sociaux.

     Ils ont donc décidé de tester le racisme inconscient de 36 hommes blancs en bonne santé via un test standard de psychologie appelé "test d'attitude implicite". 

    Mais avant d'effectuer le test, les 36 hommes ont été aléatoirement scindés en deux groupes : un groupe a reçu un placebo et l'autre groupe a reçu 40 mg de propranolol, un médicament utilisé depuis longtemps en cardiologie et dont un des effets connus est de lutter contre le stress (il est d'ailleurs souvent abusivement prescrit aux étudiants avant les examens).

    Verdict : le groupe qui a passé le test après avoir pris du placebo a vu sa mesure inconsciente du racisme chuter fortement. En revanche le racisme conscient n'a pas été modifié. Pour les chercheurs ces résultats signent que le racisme est une émotion qui transite via la noradrénaline.

    Comment le propranolol diminue le racisme ? Pour les chercheurs ce médicament bloque l'activation du système nerveux périphérique autonome ainsi que des zones du cerveau responsables de la peur et des réponses émotionnelles.

     Ils suggèrent que le propranolol est capable de minimiser le racisme inconscient car ce sentiment est basé sur une peur inconsciente que le propranolol bloque directement.

     Pour Sylvia Terbeck, auteur de l'étude et chercheur en psychologie expérimentale à l'université d'Oxford : "Ces résultats amènent de nouvelles informations sur la manière dont le cerveau contrôle le racisme inconscient. Ce type de racisme peut exister même chez des personnes qui ont une foi sincère en l'égalité." Et elle ajoute : "Compte tenu du rôle clef que ces attitudes inconscientes jouent dans la discrimination et de l'utilisation importante du propranolol dans la population (pour d'autres raisons de santé), nos résultats sont d'un intérêt éthique considérable."



    Référence : Terbeck, S. Kahane, G. McTavish, S. Savulescu, J. Cowen, P. Hewstone, M. Propranolol reduces implicit negative racial bias. Psychopharmacology. Doi: 10.1007/s00213-012-2657-5.

mardi 13 mars 2012

La greffe de rein «parfaite» est à portée de bistouri


Une greffe de moelle osseuse préalable à la transplantation de reins a permis à plusieurs patients de s'affranchir du traitement immunosuppresseur à vie.

Cela fait maintenant sept mois que Lindsay Porter vit avec un rein qui ne lui appartient pas sans avoir pris le moindre traitement anti-rejet. Cette Américaine de 47 ans a encore du mal à se percevoir comme le résultat d'une prouesse médicale. «Cela me semble tellement naturel», explique-t-elle au site du journal Nature . Avec sept autres patients, elle vient d'expérimenter une technique qui pourrait révolutionner les transplantations d'organes: son système immunitaire a été préparé pour accepter le rein étranger par une greffe de la moelle osseuse du donneur.

«Cela fait 60 ans que l'idée de la double greffe est dans l'esprit de tous», souligne Edgardo Carossella, chef du service de recherche en hémato-immunologie à l'hôpital Saint-Louis. En 1953, le prix Nobel de médecine Rupert E. Bullingham montre que la greffe de moelle osseuse d'une souris A chez une souris B à la naissance permet à ces dernières d'accepter à vie les organes de A sans qu'ils se fassent attaquer comme des intrus indésirables par les cellules de B. Tout se passe comme si la greffe de cette substance, qui contient les lymphocytes T régulateurs, les cellules «gardiennes» du corps, permettait de faire cohabiter en parallèle deux systèmes de reconnaissance du soi.

Encore quelques années à attendre «avant de crier victoire»

Le chemin pour étendre ces premières expériences à des cobayes adultes, puis à l'être humain, va toutefois se révéler semé d'embuches. «Il y a un phénomène de rejet inversé très violent qui se produit», explique Olivier Thaunat, expert en immunologie clinique et transplanattion rénale à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon. «Ce sont les cellules de la moelle du donneur qui vont attaquer le système du receveur.» Ce mécanisme, dit GVHD, a longtemps semblé insurmontable, notamment pour des personnes qui ne sont pas de la même famille. Il faut attendre 2008 et les travaux de chirurgiens du Massachusetts General Hospital de Boston pour lever cet obstacle. Mais leur technique, complexe, ne permet de retenir les cellules «gardiennes» du donneur que pendant quelques semaines: on parle de «chimérisme transitoire».

Les résultats de la nouvelle étude clinique, publiés dans Science Translational Medicine la semaine dernière, sont bien plus impressionnants. Non seulement aucun cas de GHVD n'a été relevé chez les huit patients de l'essai - qui n'avaient, la plupart du temps, aucun lien de parenté avec les donneurs - mais les receveurs présentent tous les signes d'un «chimérisme stable». Parmi eux, cinq ont ainsi toléré le rein qu'on leur a transplanté en stoppant leur traitement immunosuppresseur sur des durées allant de 4 à 18 mois. «Il faut attendre encore quelques années sans GHVD avant de crier victoire», prévient toutefois Edgardo Carossella. «La durée de vie moyenne d'un rein greffé est de 10 à 12 ans avec immunosuppresseurs. Tant qu'on ne pourra pas faire mieux sans, on ne changera pas de technique en routine», appuie Olivier Thaunat.

Difficile d'étendre ces travaux aux autres organes


Les résultats obtenus n'en sont pas moins très encourageants, soulignent les deux chercheurs. Les équipes de l'Institut de thérapie cellulaire du Kentucky ont mis au point «un cocktail» administré avant et après la transplantation du rein incluant une chimiothérapie, une radiothérapie ainsi que l'injection de cellules souches du sang du donneur et de cellules thérapeutiques d'un nouveau genre dites «facilitantes». Il est difficile de savoir exactement la part jouée par chacun de ces traitements de choc dans la réussite du programme. Les chercheurs qui ont mené l'étude pensent que les cellules facilitantes mises au point en sont la clé. Ils ont toutefois refusé de donner des détails à leur sujet puisqu'ils cherchent à en breveter le principe et la méthode de fabrication. L'auteure principale est elle-même en train de monter une entreprise, Regenerex, qui cherche un moyen de commercialiser cette nouvelle approche thérapeutique.

En revanche, passer du rein aux autres organes vitaux ne sera pas simple. Il faudra adapter les procédures à des donneurs morts et à la grande vulnérabilité des receveurs avant et après l'opération. L'administration des traitements lourds prévus par les médecins américains pourraient vite se révéler fatales pour les personnes atteintes de pathologies qui nécessitent ces greffes, qu'elles soient de foie, de poumon ou de coeur.


Source :   Le Figaro   

lundi 12 mars 2012

Doit-on redouter la drôle de couleur du Coca-Cola ?

Atlanta, le vendredi 9 mars 2012 – On le sait, vendre des boissons à bulles nécessite autant de savoir faire industriel que de marketing. Ainsi, le succès mondial de Coca-Cola doit autant à la forme de sa bouteille, à sa couleur légendaire qu’à son goût. Or, la firme multinationale doit aujourd’hui faire face à un défi de taille : conserver la teinte si célèbre de sa boisson, tout en renonçant au moins partiellement à l’utilisation de deux caramels de synthèse utilisés comme colorants, E150C (également appelé caramel ammoniacal) et E150D (caramel au sulfite d’ammonium). En effet, au début 201, la présence d’une substance suspectée d’être cancérigène, le 4-méthylimidazole (4MEI), liée à la réaction de Maillard (réaction chimique produite par la cuisson des aliments), a été mise en évidence dans ces deux caramels de synthèse par des chercheurs de l’Université de Davis (Californie).

Des souris et des hommes


La dangerosité du 4-méthylimidazole, qui intervient notamment dans la fabrication notamment de produits pharmaceutiques, de nettoyants agricoles ou encore de pneu est aujourd’hui loin de faire consensus. Jusqu’alors une seule étude menée chez des souris a conduit à suspecter un risque cancérigène associé au 4-méthylimidazole. Publiée en janvier 2007 dans le cadre du National Toxicology Program aux Etats-Unis, cette étude présentait des « preuves évidentes d’une activité cancérigène » du 4MEI chez des souris mâles et femelles. Cependant, ce risque n’était pas retrouvé chez des rats mâles et les résultats se révélaient « équivoques » pour les rates. En tout état de cause, ces résultats semblaient indiquer que seules de très fortes doses pouvaient présenter un risque réel pour la santé. Concernant le Coca, il faudrait avaler 1 000 cannettes par jour pour s’exposer à un risque, selon les analyses des autorités sanitaires américaines, évoquées aujourd’hui par Le Monde. Ces conclusions ont conduit à des appréciations variées de la part des autorités sanitaires du monde entier. L’International Agency for Resarch on Cancer (IARC) a ainsi décidé de classer le 4-MEI parmi les produits pouvant être cancérigènes pour l’homme (groupe 2B). Néanmoins, cette qualification ne concerne pas en priorité la présence de cette substance dans l’alimentation. Par ailleurs, au printemps dernier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) après avoir réalisé une réévaluation des colorants à base de caramel de synthèse a considéré que si leur teneur maximum devait être diminuée, il fallait incriminer la présence de 2-acetyl-4-tetrahydroxibutylimidazole (THI) et non de 4MEI.

Teneurs explosives


La Californie a cependant choisi une voie bien plus sévère. Alertée par le Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), une association de défense des consommateurs, l’Etat américain a en effet accepté l’année dernière de placer le 4MEI dans la liste des produits cancérigènes devant faire l’objet d’une réglementation spécifique. Ainsi, depuis le 7 janvier, tous les produits susceptibles d’exposer un consommateur à une dose de 4MEI supérieure à 29 microgrammes doit être assorti d’un avertissement spécifique. Or, la CSPI vient de révéler que le géant de la boisson, Coca-Cola, enfreignait aujourd’hui cette réglementation. Cette organisation qui mène un combat acharné pour obtenir l’interdiction des colorants E150C et E150D vient en effet de révéler qu’une canette de Coca-Cola classique (35 cl) contient entre 142 et 146 microgrammes de 4-MEI. Cette teneur s’élève à 103 à 113 microgrammes pour le Coca-Cola Light et à 145 à 153 microgrammes pour le Pepsi-Cola.

Le goût du scandale


Ces doses très supérieures à celles prévues par l’état de Californie ne sont aujourd’hui pas démenties par Coca-Cola qui vient d’annoncer que la recette de son célèbre breuvage allait être modifié, comme l’a révélé hier le site Discoverynews (l’information ayant été relayée en France par le quotidien Le Monde). « La compagnie a demandé à ses fournisseurs de caramel de faire le nécessaire afin de satisfaire les exigences de l’Etat de Californie » a indiqué Diana Garza Ciarlante. la multinationale se montre cependant assez discrète sur les mesures qui seront mises en œuvre : interdiction totale des deux colorants ou simple diminution afin d’atteindre les seuils permettant d’éviter l'étiquetage ? Le groupe se contente d’affirmer qu’il n’y aura aucune différence pour le goût et que la couleur ne devrait être que très légèrement modifiée. Par ailleurs, s’il accepte de se conformer aux nouvelles réglementations californiennes, il refuse d’admettre la dangerosité du 4-MEI.

L'UFC emboite le pas


Ce changement de recette concerne pour l’heure les Etats-Unis, mais l’ensemble du monde pourrait bientôt être concerné : déjà en France, l’association UFC que Choisir a annoncé son intention de saisir les autorités sanitaires sur ce sujet. Pour le groupe Coca-Cola et sa fameuse boisson mise au point en 1885 afin de lutter contre les problèmes gastriques par un pharmacien d’Atlanta, John Pemberton, cette attaque est une nouvelle manifestation des suspicions dont le groupe a été l’objet ces dernières décennies.

Cependant, parfaitement rodée face à ce type d’épreuve, la firme ce matin ne connaissait pas de baisse notable du cours de son action en bourse.



Aurélie Haroche

dimanche 11 mars 2012

Suisse : l'accouchement d'une femme de 66 ans provoque un scandale


L'annonce de l'accouchement d'une femme de retraitée de 66 ans a suscité un vent d'indignations en Suisse. Qualifiée d'égoïste, cette mère a organisé toute sa grossesse en Ukraine où il n'y a pas de limite d'âge pour bénéficier d'une implantation d'ovules fécondés.

C'est un nouveau record qui a été très mal reçu par la Suisse. Lundi, le journal SonntagsBlick a annoncé qu'une femme retraitée de 66 ans avait accouché il y a une quinzaine de jours de jumeaux à l'hôpital cantonal des Grisons à Coire. Selon le journal, il s'agirait ainsi de la femme la plus âgée ayant accouché dans le pays, depuis 2010 où une femme de 64 ans avait donné naissance à une fille. Baptisés Michael et Joshua, les bébés seraient nés par césarienne et seraient toujours en observation à l'hôpital. La mère, quant à elle, se déplacerait en déambulateur pour cause de douleurs dues à sa cicatrice. Des informations confirmés par l'établissement.

Interrogée par le journal, la maman la plus âgée de Suisse a déclaré que c'est incroyable ce que la médecine permet de faire aujourd'hui. Elle a également ajouté qu'elle voulait à présent profiter en toute tranquillité de cet évènement. Toutefois, bon nombre sont loin de partager sa joie. Suite à l'annonce, des internautes scandalisés ont posté de nombreux messages sur le net : "Honteux et égoïste", "Elle n'a pensé à rien, c'est son gynécologue qui a pensé à son porte-monnaie" ou encore "Ce n'est parce que c'est possible techniquement, qu'il faut le faire, où est passé le bon sens ?" Les critiques se multiplient, d'autant plus qu'une telle chose est interdite en Suisse.  

En effet, la pratique de la fécondation in vitro est extrêmement réglementée dans le pays. Consciente de la situation, la nouvelle mère a d'ailleurs organisé toute sa grossesse en Ukraine où la législation est beaucoup plus souple voire même laxiste. Dans le pays, il n'y a pas de limite d'âge et des cliniques spécialisées font même de la promotion sur internet, en proposant des solutions de maternités par substitution, avec dons d'ovule fécondé par du sperme d'un donneur.

"Accepter certaines limites de la nature"
Dans un commentaire, une journaliste du quotidien le Matin a ainsi dénoncé l'inconscience et l'égoïsme de la mère qui vit seule, ajoutant que lorsqu'ils seront adolescents, les jumeaux auront pour principal souci de trouver une place dans une maison de retraite pour leur mère, pour autant qu'elle soit encore en vie. "C'est de l'égoïsme pur et simple, et ce n'est pas bien pour les enfants", a de même commenté une voisine de la femme au SonntagsBlick. En revanche, l'adjoint au maire, Lorenz Casutt-Peng, s'est réjoui, déclarant que les enfants sont notre futur, et c'est bien que les enfants et la mère se portent bien.

D'un point de vue médical, le professeur Olivier Irion, médecin-chef à l'Hôpital universitaire de Genève a estimé pour le journal Le Matin qu'il "faut accepter certaines limites de la nature, et garder le bon sens à esprit". Selon lui, il faudrait réserver les techniques de fécondation in vitro aux femmes plus jeunes qui souffrent d'infertilité ou de ménopause précoce.


Source :   Maxisciences   

vendredi 9 mars 2012

Lutéine et zéaxanthine contre la cataracte

La lutéine et la zéaxanthine pourraient protéger de la cataracte.





La lutéine et la zéaxanthine sont deux pigments de la famille des caroténoïdes (comme le béta-carotène de la carotte) qu'on retrouvent dans le jaune d'oeuf, le maïs et des légumes verts à feuilles comme les épinards ou l'oseille.

Il est connu depuis quelques années que ces deux pigments diminuent le risque de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) via une action antioxydante qui protège la rétine et en particulier la macula. Récemment, des chercheurs ont soulevé un bénéfice possible de ces deux pigments contre la cataracte, une maladie caractérisée par une opacification du crystallin, entraînant une baisse de la vision et pouvant aller jusqu'à la cécité. Seule la chirurgie est efficace actuellement pour traiter cette maladie.

Des chercheurs Finlandais ont examiné le lien entre le taux de lutéine et de zéaxanthine dans le sang et le risque de développer une cataracte chez 1689 personnes âgées de 61 à 80 ans. Les chercheurs ont ainsi constaté que des taux élevés de lutéine et zéaxanthine sont associés à une diminution du risque de cataracte sénile (liée à l'âge) de l'ordre de 40%.

Les chercheurs expliquent : "Le rapport zéaxanthine / lutéine est plus élevé dans le crystallin que dans le sang ce qui suggère que le crystallin accumule la zéaxanthine. Ces deux composés protègent les membranes liposomales du stress oxydatif induit par la lumière. La zéaxanthine et la lutéine semblent s'orienter différemment dans les membranes pour mieux protéger contre le stress oxydatif. La zéaxanthine st un très bon antioxydant pour protéger les membranes du radical peroxyle."

Référence : Karppi J, Laukkanen JA, Kurl S. Plasma lutein and zeaxanthin and the risk of age-related nuclear cataract among the elderly Finnish population. Br J Nutr. 2011 Oct 18:1-7.