mercredi 24 août 2011

Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus protégerait aussi du cancer anal

Un vaccin utilisé pour protéger les jeunes filles contre le cancer du col de l'utérus, dû à des papillomavirus, protège également contre l'infection virale qui peut conduire au développement d'un cancer de l'anus, selon une étude.

L'étude conduite au Costa Rica avec le vaccin bivalent Cervarix du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) paraît mardi dans la revue médicale spécialisée The Lancet Oncology.
Le test vaccinal, dirigé par Aimée Kreimer du National Cancer Institute américain, a porté sur 4.210 femmes, âgées de 18 à 25 ans, dont la moitié a reçu le vaccin Cervarix et l'autre un vaccin contre l'hépatite A, à titre de comparaison.

Les participantes ont été testées quatre ans après pour les infections anales et cervicales dues aux papillomavirus humains (HPV) 16 et 18, afin d'évaluer l'efficacité de ce vaccin qui cible ces deux types de virus.
Le cancer anal demeure rare (son incidence annuelle est de l'ordre 1,5 pour 100.000 femmes), mais il est en augmentation depuis ces trois dernières décennies et apparaît plus fréquent chez les femmes, selon les spécialistes.
Une grande proportion de ces cancers sont dus aux HPV 16 et 18, responsables de 75 à 80% des cancers de l'anus, relèvent les auteurs de l'étude.
Les femmes ayant reçu le Cervarix avaient un risque d'infection du col réduit de 76% et de 62% pour le risque d'infection anale par rapport au groupe non vacciné contre les HPV.

Cette protection apparaissait supérieure chez les femmes qui n'avaient sans doute pas été préalablement exposées aux HPV. Dans cette catégorie, la protection vaccinale de l'infection anale (près de 84%) était similaire à celle obtenue pour l'infection du col (près de 89 %), selon la revue.
Toutefois, les personnes les plus à risque pour ce cancer de l'extrémité du tube digestif sont les hommes séronégatifs qui ont des relations homosexuelles (incidence annuelle de 40 cas/100.000 individus concernés) et les homosexuels séropositifs (80 cas/100.000).

Dans un commentaire dans The Lancet Oncology, deux spécialistes américains, Diane Harper et Stephen Vierthaler, soulignent que la question est de savoir combien de temps une telle protection peut durer.
Sans une efficacité se prolongeant au moins sur quinze ans, ces cancers ne seront pas prévenus chez les femmes et les hommes ayant des relations homosexuelles, mais seulement différés à plus tard, notent-ils.
source: AFP

Maladies cardiovasculaires : des microcapsules pour développer de nouveaux vaisseaux

Stimuler la croissance de vaisseaux sanguins, via la création de nouveaux vaisseaux (angiogenèse) et leur maturation (artériogénèse) est une approche prometteuse pour le traitement des maladies cardiovasculaires, dont l'infarctus du myocarde et l'insuffisance cardiaque chronique. Ces chercheurs de l’Inserm ont montré qu’en combinant plusieurs facteurs de croissance pro-angiogéniques et en les libérant dans le muscle cardiaque par le biais de microcapsules, ils parviennent à améliorer les résultats de l'angiogenèse thérapeutique. Des conclusions relayées dans l’édition en ligne du 8 août de la revue Circulation de l’American Heart Association.

Les chercheurs de l'unité Inserm 644 "pharmacologie des dysfonctionnements endotheliaux et myocardiques" à Rouen, avaient observé que les récents essais cliniques basés sur l’administration d’un seul facteur pro-angiogénique présentaient de nombreuses limites. Sur 2 essais d’angiogenèse in vivo (n = 5 souris par groupe), ils constatent d’abord que 2 facteurs de croissance (FGF-2 et HGF), apportent une réponse plus puissante et durable par rapport à un seul facteur de croissance.

Un nouveau système permettant la diffusion ciblée des facteurs de croissance. Les chercheurs ont alors envisagé l’utilisation de microcapsules, préparées à partir d'alginate. Sur un modèle de rat atteint d’insuffisance cardiaque chronique induite par ligature coronaire (n = 14 à 15 rats par groupe), ils constatent que la libération lente dans le muscle cardiaque de ces facteurs de croissance par microcapsules stimule puissamment l'angiogenèse et l’artériogenèse, prévient l'hypertrophie cardiaque et la fibrose conduisant à des résultats cardiaques améliorés après 3 mois.

Non seulement cette combinaison de facteurs de croissance peut constituer un nouveau traitement efficace pour l'insuffisance cardiaque chronique mais ce nouveau système de diffusion par microcapsules permet d’aboutir au développement de vaisseaux fonctionnels. "Cette combinaison, libérée par des microcapsules administrées directement dans le muscle cardiaque, stimule la croissance de vaisseaux sanguins cardiaques stables et fonctionnels" conclut Ebba Brakenhielm, chercheuse à l'Inserm et principal auteur de l'étude.

Source: Circulation doi: 10.1161/CIRCULATIONAHA.110.010264"

mardi 23 août 2011

Des mélanocytes obtenus in vitro, un espoir dans le vitiligo

L’équipe de la Française Christine Baldeschi annonce l’obtention in vitro de mélanocytes à partir de cellules souches pluripotentes. Ce qui, à terme, pourrait être proposé pour le traitement des troubles de la pigmentation, comme le vitiligo.
Ces chercheurs ont identifié le procédé de différenciation permettant de dériver des cellules souches d’origine embryonnaire (CSE) ou induites à la pluripotence (iPS) « en une population pure et homogène de mélanocytes capables de produire de la mélanine et de s’intégrer à l’épiderme ». Étant donné les capacités d’expansion illimitées de ces cellules, les chercheurs estiment que cette ressource cellulaire pourrait à terme être proposée comme alternative thérapeutique aux patients atteints de troubles de la pigmentation cutanée, tel le vitiligo, et aussi aux autres pathologies d’origine génétique affectant la pigmentation, telles que les syndromes de Waardenburg et le syndrome de Griscelli.

Une fois isolées et amplifiées in vitro, ces cellules présentent les mêmes caractéristiques que des mélanocytes adultes. Ainsi, les chercheurs ont démontré qu’ils sont capables de s’insérer dans leur emplacement au niveau de la couche basale de l’épiderme. Et qu’ils sont aussi capables de communiquer avec les kératinocytes avoisinants, comme c’est le cas physiologiquement au niveau de l’épiderme, notamment en leur transférant de la mélanine.

« Cette communication cellulaire est fondamentale, à la fois pour protéger les kératinocytes suite aux stress que sont les rayons ultraviolets, et également pour repigmenter la peau après une éventuelle greffe », expliquent Christine Baldeschi et Xavier Nissan.

En 2009, l’équipe était parvenue pour la première fois à obtenir des kératinocytes à partir de cellules souches pluripotentes embryonnaires (publication dans « The Lancet », novembre 2009). La thérapie cellulaire proposée actuellement dans les troubles de la pigmentation de la peau est réalisée par autogreffe. Cette stratégie, si elle se confirme, représentera une alternative allogénique.
Source: Inserm

Arrêt cardiaque : des liquides riches en fluor pourraient permettre de protéger les organes vitaux

               En perfusant les poumons par un soluté à forte teneur en oxygène, on réalise une « ventilation liquide », et on peut aussi abaisser rapidement la température corporelle. Le système expérimental tenté sur le petit animal, est intéressant pour traiter l’arrêt cardiaque.
De nombreuses études ont démontré l’importance d’une mise en hypothermie après un arrêt cardiaque, ce qui permet d’améliorer la survie et de limiter les séquelles neurologiques. Chez le petit animal, on a montré que le bénéfice apporté dépend de la vitesse à laquelle l’hypothermie est instaurée.

Alain Berdeaux, Renaud Tissier et coll. (INSERM 955, hôpital Henri-Mondor, en collaboration avec l’École vétérinaire d’Alfort) démontrent l’efficacité d’un dispositif novateur permettant de faire face à cette exigence de rapidité.

Cette équipe de recherche a développé chez le petit animal (modèle d’arrêt cardiaque chez le lapin) un système expérimental qui consiste, après ressuscitation cardiopulmonaire, à perfuser les poumons de liquides riches en oxygène, et à une température inférieure à celle du corps. Ils apportent de cette façon une « ventilation liquide », et un abaissement très rapide de la température corporelle. Le liquide administré dans les poumons est riche en perfluorocarbone, dont la teneur en oxygène est assez élevée pour que les poumons continuent à fonctionner. Et, pour abaisser la température corporelle à 32 °C, ce qui crée les conditions favorables à la préservation du cœur, du cerveau et des autres organes vitaux, il ne faut que 5 à 15 minutes chez les petits animaux, quand il en faut environ 45 en appliquant des substances très froides sur la peau.

Chez les animaux soumis à l’expérience, la survie et la qualité des tissus cérébraux et cardiaques ont été considérablement améliorés après un arrêt cardiaque de 5 à 10 minutes. Les dégâts histologiques dus au manque d’oxygène dans le cerveau sont réduits. La nécrose myocardique est également limitée. Une amélioration « très supérieure à celle obtenue avec d’autres stratégies permettant d’induire une hypothermie plus lente, renforçant à nouveau l’idée qu’il est essentiel d’agir vite après la réanimation cardio-pulmonaire », explique Renaud Tissier.



Découverte d’une cause commune à toutes les formes de sclérose latérale amyotrophique

Une défaillance du système de recyclage de protéines dans certaines cellules du cerveau et de la moelle épinière est la cause commune de toutes les formes d'une maladie neurodégénérative incurable, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), selon des chercheurs.

Le problème réside dans l'incapacité des neurones à recycler les protéines, ce qui empêche ces cellules nerveuses de se réparer ou de s'entretenir correctement, selon les travaux parus dimanche dans la revue scientifique britannique Nature.

La SLA frappe environ 350.000 personnes dans le monde.
Cette défaillance touche les formes héréditaires (5 à 10% des cas) ou non (les plus fréquentes) de la SLA ainsi que certaines formes associées à une démence fronto-temporale (DFT), selon les chercheurs.
Cela ouvre un nouveau champ pour trouver un traitement efficace pour la SLA, souligne le Dr Teepu Siddique, professeur de neurologie de la Northwestern University à Chicago dans un communiqué.
L'étude met en cause une substance, l'ubiquiline 2, dont le travail est normalement d'aider au recyclage des protéines endommagées ou mal repliées.

Cette découverte d'une panne dans le recyclage des protéines pourrait également avoir un rôle plus large dans d'autres maladies neurodégénératives, en particulier les démences.
Il s'agit notamment de pathologies caractérisées par des accumulations anormales de protéines (Alzheimer, démence fronto-temporale, Parkinson...). L'élimination des protéines endommagées ou mal repliées est essentielle pour le fonctionnement cellulaire optimal, selon le Pr Siddique.
Les chercheurs ont identifié des mutations génétiques du gène "UBQLN2", dans les formes familiales de SLA et dans des cas associés à une démence, selon la revue Nature.

La SLA, ou maladie de Charcot, du nom du neurologue français qui l'a décrite en 1869, appelée maladie de Lou Gehrig aux Etats-Unis, affecte les motoneurones (neurones du mouvement).
Les malades perdent progressivement leur force musculaire, deviennent paralysés et incapables de parler, d'avaler et de respirer. La mort survient généralement par défaillance des muscles respiratoires, souvent dans les trois ou quatre années après le diagnostic. Mais une partie des malades, notamment lorsque les fonctions vitales ne sont pas atteintes, peuvent cependant survivre plus de vingt ans.
Les fonctions intellectuelles sont conservées, contrairement aux cas de SLA avec démence.
source:AFP

lundi 22 août 2011

VIH/Sida : de nouveaux anticorps découverts

Un nouveau pas vient d’être franchi dans la lutte contre le VIH/Sida. D’après les résultats d’une étude parue dans la revue Nature, des chercheurs américains ont réussi à identifier dans le sang de patients séropositifs 17 anticorps particulièrement efficaces pour neutraliser le virus.

Depuis plus d’un an, différentes découvertes scientifiques ont permis de redonner espoirs dans la lutte contre le VIH/sida, qui touche actuellement plus de 33 millions de personnes à travers le monde.
C’est dans ce contexte que trois équipes de chercheurs américains, affiliés à la Scripps Research Institute de La Jolla en Californie, et à deux sociétés de biotechnologie, Theraclone Sciences et Monogram Biosciences, ont identifié 17 nouveaux anticorps contre le VIH. Leur principale caractéristique est leur capacité à neutraliser un large spectre de sérotypes du VIH. Ce qui, selon les chercheurs, laisse entrevoir de nouvelles avancées dans la recherche d’un candidat-vaccin.
C’est en étudiant des prélèvements sanguins issus de quatre patients, tous positifs au VIH, que les scientifiques américains ont réussi à isoler ces nouveaux anticorps. D’après les premières données de l'étude, certains d’entre eux seraient dix à cent fois plus puissants que ceux mis à jour jusqu’à présent…

L’ocytocine en bolus au cours des césariennes, avec ou sans perfusion ?


Actuellement dans les pays développés, le taux de césariennes oscille entre 20 et 30 % alors qu’il avoisine les 70 % dans certains pays d’Amérique latine. Le risque hémorragique s’élève lui aussi en conséquence.

Pour prévenir ce risque, certaines recommandations préconisent en routine l’administration d’un bolus de 5UI d’ocytocine après la sortie de l’enfant. Des enquêtes réalisées dans des services d’obstétrique révèlent qu’une perfusion supplémentaire d’ocytocine est parfois nécessaire, certains y recourant systématiquement chez les patientes à haut risque hémorragique. Ceci se justifie par le fait que l’ocytocine administrée par voie intra-veineuse a une demi-vie courte, de 4 à 10 minutes. La perfusion permet de maintenir la contractilité utérine plus longtemps dans le post-partum immédiat.

Les deux approches ont été comparées dans une étude contre placebo réalisée dans 5 maternités de la République d’Irlande, incluant 2 068 femmes ayant bénéficié d’une césarienne en dehors de tout contexte d’urgence. Les patientes recevaient soit un bolus de 5UI d’ocytocine suivi d’une perfusion de 40 UI d’ocytocine dilué dans 500 ml de sérum salé à 0,9 % pendant 4 heures (n = 1 033), soit le bolus suivi d’une perfusion sans ocytocine (n = 1 025).

Environ 1 femme sur 6 a présenté une hémorragie importante, évaluée à plus  de 1 000 ml, mais cette proportion est la même dans les deux groupes : 15,7 % dans le groupe bolus et perfusion d’ocytocine vs 16,0 % dans le groupe bolus (OR 0,98, IC 95 % : 0,77 à 1,25, p = 0,86). La nécessité d’administrer un autre produit utérotonique pour prévenir l’hémorragie se fait toutefois un peu moins sentir dans le groupe ayant reçu également l’ocytocine en perfusion (12,2 % vs 18,4 % ; 0,61, 0,48 à 0,78, P < 0,001).

Mais il y a un élément qui paraît influencer le risque hémorragique, il s’agit de l’expérience de l’obstétricien. Le risque d’hémorragie semble en effet différent selon que l’obstétricien est expérimenté ou débutant (13,1 % vs 19,6 %). L’analyse en sous-groupes en fonction de l’expérience du praticien, montre qu’il survient moins d’hémorragies graves dans le groupe bolus et perfusion que dans le groupe bolus seul quand le praticien est peu expérimenté (OR 0,57, IC 95 % : 0,35 à 0,92, P = 0,02).

Les auteurs remarquent au passage que les accidents hémorragiques sont particulièrement fréquents dans cette étude, et il leur apparaît dès lors difficile d’évaluer avec précision le risque hémorragique individuel de chaque patiente. Ils estiment de ce fait qu’il pourrait être justifié d’associer systématiquement une perfusion d’ocytocine au bolus initial, surtout quand l’obstétricien est peu expérimenté.

Sheehan S.S. et coll.:Oxytocin bolus versus oxytocin bolus and infusion for control of blood loss at elective caesarean section: double blind, placebo controlled, randomised trial
BMJ 2011; 343 : d4661 doi: 10.1136/bmj.d4661


L’hyponatrémie est associée à un risque accru de fracture chez le sujet âgé


Les troubles hydro-électrolytiques et notamment l’hyponatrémie sont fréquents chez les personnes âgées qui reçoivent de nombreux médicaments. Les symptômes cliniques liés à l’hyponatrémie sont variables, peu spécifiques et très probablement sous-estimés. Il a été montré qu’une hyponatrémie, s’accompagne d’un risque de chute significatif et important chez les sujets âgés souvent fragiles. Ce risque de chute est associé aux troubles de l’équilibre et de l’attention attribuables à l’hyponatrémie.

Des études récentes suggèrent qu’une hyponatrémie modérée peut conduire à un risque accru de fractures. Nous ne disposons cependant d’aucune étude prospective à cet égard.

En utilisant les données recueillies dans l'étude sur la population de Rotterdam, une équipe néerlandaise a réalisé un travail prospectif et analysé des échantillons de sang de 5 208 hommes et femmes âgées. La natrémie était relevée à l’entrée dans l’étude.
La densité minérale osseuse (DMO), les fractures vertébrales (suivi moyen de 6,4 ans), les fractures non vertébrales (7,4 ans), les chutes récentes, la comorbidité, les prises médicamenteuses et la mortalité ont été analysées.

Trois cent quatre-vingt-dix-neuf participants (7,7 %) avaient une hyponatrémie (133,4 ± 2,0 mmol / L).

Les sujets présentant une hyponatrémie étaient plus âgés (73,5 ± 10,3 ans versus 70,0 ± 9,0 ans, p <0,001), avaient été récemment victimes de davantage de chutes (23,8 % versus16,4 %, p <0,01), avaient une prévalence plus élevée de diabète sucré (22,2 % contre 10,3 %, p <0,001), et prenaient plus souvent des diurétiques (31,1 % versus 15,0 %, p <0,001).

L'hyponatrémie n'était pas associée à une diminution de la DMO, mais était associée à un risque accru de fractures non vertébrales [hazard ratio (HR) = 1,39, intervalle de confiance 95% (IC) 1,11 à 1,73, p = 0,004], après ajustement pour l'âge, le sexe et l’indice de masse corporelle.

Après ajustement pour l’invalidité, l'utilisation de diurétiques, de psycholeptiques, les chutes au cours des dernières années, et le diabète, les résultats étaient inchangés. Les sujets avec une hyponatrémie avaient une augmentation du risque de fractures vertébrales à l'inclusion [odds ratio (OR) = 1,78, IC 95 % 1,4 à 3,6, p = 0,037], mais pas durant le suivi. Enfin, la mortalité était plus élevée chez les sujets présentant une hyponatrémie (HR = 1,21, IC 95 %: de 1,03 à 1,43, p = 0,022).

Ces résultats suggèrent que l'hyponatrémie est associée à un risque accru de fractures vertébrales et non vertébrales mais n’a cependant pas de lien avec la DMO. Alors, l’hyponatrémie est elle un facteur causal dans le développement des fractures ou est elle juste un indicateur de risque ?
Comme le risque de fracture chez les patients hyponatrémie était indépendant des chutes récentes, cela suggère que l'hyponatrémie pourrait avoir un impact sur la qualité de l’os.

Sheehan S.S. et coll.:Oxytocin bolus versus oxytocin bolus and infusion for control of blood loss at elective caesarean section: double blind, placebo controlled, randomised trial
BMJ 2011; 343 : d4661 doi: 10.1136/bmj.d4661

dimanche 21 août 2011

Le bronzage en cabine peut créer une dépendance


Selon une récente étude américaine, fréquenter assidument les cabines de bronzage pourrait modifier l'activité du cerveau, selon un mécanisme semblable à celui observé pour l'addiction aux drogues.

Si l'on savait déjà que fréquenter les cabines de bronzage n'était pas très bon pour la peau, c'est un effet tout à fait insoupçonné que viennent de révéler des chercheurs de l'University of Texas Southwestern Medical Center. Les personnes qui se rendent trop régulièrement dans les salons de bronzage présenteraient durant leur séance, des modifications d'activité cérébrale semblables à celles observées chez les drogués. En vérité, les scientifiques avaient déjà soupçonné qu'une exposition trop fréquente aux rayons ultraviolets était capable de créer une addiction. Mais c'est la première fois que des recherches s'intéressent réellement à ce qu'il se passe dans le cerveau des utilisateurs lorsqu'ils se trouvent dans les cabines, rapporte le New York Times.
Au cours de leurs travaux publiés dans la revue Addiction biology, le docteur Bryon Adinoff et ses collègues ont en effet recruté un petit groupe d'individus qui déclaraient se rendre au salon au moins trois fois par semaine et qui avouaient que maintenir leur bronzage était important pour eux. Ces derniers ont alors accepté de se faire injecter un radioisotope, permettant aux chercheurs d'observer l'activité de leur cerveau. Dans un premier temps, les sujets ont subi une séance de bronzage classique. Puis, les scientifiques texans ont utilisé un filtre qui bloquait spécifiquement les rayons UV, mais sans en informer les personnes suivies.

Ainsi, ils ont observé que lors de la séance normale, les images cérébrales montraient l'activation de certaines aires impliquées dans les processus d'addiction. En revanche, une fois les rayons UV filtrés, les aires en question étaient beaucoup moins actives. Plus étonnant encore : le Dr Adinoff et ses collègues ont également obtenu des preuves que les sujets se rendaient compte, du moins inconsciemment, qu'ils n'avaient pas reçu leur "dose" habituelle de rayons UV. Après la séance "filtrée", ceux-ci ressentaient un désir de se faire bronzer identique à celui qu'ils avaient manifesté avant la séance, alors qu'une session de bronzage normale parvenait à atténuer ce sentiment.

Des aires cérébrales du système de récompense

"Ils ont tous aimé la séance lorsqu'ils ont réellement été exposés aux rayons UV" a précisé Bryon Adinoff, professeur en psychiatrie cité par le New York Times. Il a également expliqué : "Ce que nos recherches montrent c'est que le cerveau répond à la lumière UV, et qu'il y répond dans des aires associées au système de récompense. Ce sont des aires, telles que le striatum, que l'on voit s'activer lorsque l'on administre à quelqu'un de la drogue ou du sucre par exemple". Ceci pourrait alors expliquer pourquoi certaines personnes continuent de se faire bronzer dans ses salons malgré les mises en garde contre les risques de cancer de la peau, de vieillissement prématuré et de rides, commentent les chercheurs dans leur étude.

Un compteur de bouchées pour manger moins ?


Manger moins vite est souvent recommandé pour réduire les apports caloriques. Toutefois, l’efficacité de cette recommandation reste à démontrer car les études réalisées jusqu’à présent ont abouti à des résultats contradictoires. Des chercheurs de l’université de Clemson viennent de mettre au point un compteur de bouchées qui se présente comme un bracelet capable de reconnaître les mouvements du poignet conduisant à une bouchée alimentaire. Cet outil pourrait être utile, d’une part pour étudier la relation entre la vitesse des prises alimentaires et la consommation calorique et d’autre part pour informer en temps réel le porteur du bracelet sur son comportement alimentaire.
Dans un essai clinique réalisé pour tester l’intérêt du compteur de bouchées, Scisco et al. ont inclus 36 sujets jeunes dont 30 ont finalement participé aux trois phases de l’étude : phase 1, consommation d’un repas ad libitum avec mesure du nombre de bouchées/minute (mais suivi non visible par le participant) ; phase 2, même repas consommé, le sujet portait le bracelet et pouvait suivre le nombre de bouchées/minute en temps réel (feedback), mais aucun objectif ne lui était fixé ; phase 3, repas identique avec port du bracelet, feedback accessible et fixation de l’objectif de réduire de 50 % le nombre de bouchées/minutes par rapport au repas initial. Les repas comportaient uniquement des galettes de céréales présentées de telle sorte à ce que la quantité d’aliment par bouchée soit fixe.
L’apport calorique a été significativement réduit lors du troisième repas (objectif fixé) par rapport au repas test n°2 (simple feedback). Le degré de satisfaction évalué à l’aide de questionnaires (niveau de satiété, de plaisir alimentaire) n’était pas significativement différent à l’issu des trois repas. Il existait une interaction entre l’évolution de l’apport calorique et l’apport énergétique lors du repas initial : seuls les sujets consommant plus de 400 kcal au premier repas (moyenne : 495 kcal) réduisaient leur apport calorique au cours du troisième repas (moyenne : 453 kcal).
Il est difficile d’étendre les conclusions de ce travail à la vie réelle. C’est d’ailleurs ce que mentionnent les auteurs dans la discussion de leurs résultats. Ils concluent tout de même à l’intérêt potentiel de recommander de réduire la vitesse de la prise alimentaire plus particulièrement chez « les plus gros mangeurs » lors des repas. Et ils suggèrent que leur outil pourrait aider à appliquer cette recommandation.

Scisco JL et coll. Slowing bite-rate reduces energy intake: an application of the bite counter device. J Am Diet Assoc. 2011;111(8):1231-5.