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mardi 27 mars 2012

Le saumon fait encore mouche



Des peptides du saumon pourraient prévenir l'apparition du diabète de type 2 et contrer l'hypertension


Les effets bénéfiques du saumon sur la santé ne proviennent pas uniquement des acides gras oméga-3. En effet, André Marette et son équipe de la Faculté de médecine de l'Université Laval ont découvert que des peptides contenus dans le saumon améliorent la tolérance au glucose, préviennent l'hyperglycémie et réduisent la tension artérielle chez des souris affichant des problèmes d'obésité et d'athérosclérose. Les détails de cette étude ont été présentés le 22 février à Québec lors d'un colloque sur les composés bioactifs et les aliments santé, organisé par le Centre québécois de valorisation des biotechnologies.
   
Des recherches menées antérieurement par André Marette, Hélène Jacques et leurs collaborateurs de l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels et du Centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec avaient révélé que les protéines de saumon avaient des propriétés anti-inflammatoires et favorisaient la réduction de la masse grasse ainsi que la sensibilité à l'insuline chez des rats obèses. Dans la foulée de ces études, les chercheurs ont entrepris de trouver quelles molécules étaient responsables de ces bienfaits. Ils ont donc isolé des fractions de peptides (de courtes chaînes d'acides aminés obtenues par clivage de protéines) de saumon et ils en ont testé les effets chez un modèle de souris combinant obésité et athérosclérose.
   
Ces souris ont été divisées en trois groupes et nourries pendant six mois soit avec une diète régulière, une diète riche en gras et en sucre ou encore une diète riche en gras et en sucre contenant 10 % de peptides purifiés. «L’addition des peptides améliore significativement la tolérance au glucose, prévient l'hyperglycémie à jeun et réduit la tension artérielle des souris obèses, résume le professeur Marette. Certains de ses effets s’additionnent aux effets bien connus des acides gras oméga-3.»
   
Pour l'instant, les chercheurs ignorent à quelles molécules attribuer ces bienfaits. «Les fractions que nous avons testées contiennent entre 10 et 20 peptides, précise le professeur Marette. On ne sait pas s'il y a un ou plusieurs peptides bioactifs et on ne sait pas s'ils agissent individuellement ou en synergie.» Des travaux menés présentement par son équipe devraient faire la lumière sur ces questions.
   
À long terme, le professeur Marette espère mettre au point un aliment fonctionnel qui combinerait les vertus des oméga-3, des protéines et de la vitamine D contenus dans le saumon. «Chaque fois que je prends la parole, j'insiste sur le fait que la meilleure façon de profiter de tous ces bienfaits est de manger du poisson. En pratique, toutefois, beaucoup de personnes n'en consomment pas parce qu'elles n'en aiment pas le goût, qu'elles sont allergiques, que le prix est trop élevé ou qu'elles se méfient des polluants qu'il contient. Ce sont ces personnes qui profiteraient d'un aliment fonctionnel qui rassemblerait les propriétés santé du poisson.»

Source : Jean Hamann, Le Fil des événements, 

mercredi 7 mars 2012

Deux nouveaux groupes sanguins découverts


D’après une étude qui vient de paraître dans la revue Nature Genetics, deux nouveaux groupes sanguins viennent d’être découverts grâce à une collaboration internationale de chercheurs, dont un certain nombre de scientifiques français, membres de l’Institut national de la transfusion sanguine.

Junior et Langereis, tels sont leurs noms, concerneraient un petit nombre de personnes et pourraient expliquer le rejet de certaines greffes, certaines incompatibilités entre une mère et son enfant à naître, et des difficultés rencontrées à la suite de transfusions sanguines. 

Ensemble de propriétés antigéniques du sang, le groupe sanguin permet de classer les individus. Cela a notamment pour but de permettre des transfusions dans des conditions optimales de compatibilité. A la surface des hématies, cellules sanguines, des substances antigéniques (protéines, glucides, glycolipides, etc.) sont présentes. C’est la combinaison de ces molécules, reconnues par les anticorps du système immunitaire, qui définit le groupe sanguin.

Les deux classements les plus connus sont le système ABO et le système rhésus. Jusqu’à la découverte de Junior et Langereis, il existait 29 groupes sanguins distincts.

C’est en étudiant deux protéines (ABCB6 et ABCG2) appartenant aux transporteurs ABC (ATP-binding cassette), qui permettent à certaines substances de passer à travers la membrane plasmique, et en constatant la présence d’anticorps qui leur étaient spécifiques dans des échantillons sanguins, que des chercheurs du monde entier ont découvert l’existence de deux nouveaux groupes sanguins : Junior et Langereis.

Les travaux publiés dans la revue Nature Genetics montrent que certains problèmes peuvent être associés à ces nouveaux groupes sanguins. En effet, cette découverte pourrait permettre d’expliquer des rejets de greffe, des difficultés consécutives à des transfusions sanguines, et même des incompatibilités entre une mère et son enfant à naître. En effet, ces différents phénomènes sont liés aux réactions immunitaires de l’organisme.

Si ce dernier ne reconnaît pas une molécule ou un corps étranger, il va tout faire pour l’éliminer.

Forts de ces premiers résultats, les chercheurs continuent leurs travaux, espérant découvrir de nouveaux groupes sanguins. Il en resterait plus d’une dizaine qui n’auraient pas été encore identifés.

Source :   Information Hospitalière 

vendredi 24 février 2012

Des chercheurs découvrent comment la vitamine D agit contre la tuberculose


Une nouvelle étude explique comment la vitamine D peut être une arme puissante contre la tuberculose. Ce résultat va justifier le démarrage d'essais cliniques pour tester si la supplémentation en vitamine D peut aider à lutter contre la tuberculose chez les populations à risque. Une action de la vitamine sur le système immunitaire était suspectée par les chercheurs mais cela restait flou dans le détail.


Dans leur étude, Robert Modlin et ses collègues montrent que la vitamine D permet aux deux bras de la réponse immunitaire, l'innée et l'acquise, de se coordonner contre le bacille de la tuberculose. Les cellules de la réponse immunitaire innée sont les premières lignes de défense de l'organisme contre les pathogènes, les pions déjà en place pour se mobiliser aux premiers signes d'une infection.

Les cellules de la réponse immunitaire acquise, au contraire, développent une réponse spécifique de l'agresseur et le corps a besoin de plus de temps pour la mettre en oeuvre. Les chercheurs ont trouvé que la vitamine D poussait les lymphocytes T de la réponse acquise à libérer une molécule appelée interféron gamma (IFN-g) qui active à son tour des cellules de la réponse innée, les macrophages, pour qu'ils s'attaquent à la bactérie responsable de la maladie. Les macrophages produisent alors un peptide antimicrobien appelé cathelicidin. Ce processus demande une certaine quantité de vitamine D et tout le monde n'en a pas assez.
 Les populations à la peau sombre, par exemple, ont plus souvent un déficit en vitamine D et les Américains d'origine africaine sont ainsi plus susceptibles de développer la tuberculose et peut-être aussi d'autres maladies infectieuses.

C'est en comparant des Américains d'origine africaine et caucasienne que l'équipe a découvert que seuls les seconds ayant assez de vitamine D produisaient la cathelicidin en réponse à l'IFN-g. Ceci suggère que l'effet antituberculeux de la vitamine D passe par les réponses immunitaires innée et acquise et que son addition à la nourriture pourrait être bénéfique aux populations ou d'autres à risque dont celles à la peau sombre.