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mardi 6 mars 2012

Explication de la raison pour laquelle, lorsque nous récupérons une partie de l’information associée à un souvenir, nous avons du mal à nous souvenir du reste


  • Ce phénomène est connu dans le domaine de la Psychologie comme Oubli Induit par la Récupération (OIR)
  • Des scientifiques de l'Université de Grenade ont déterminé le processus cognitif chargé de le produire ainsi que la durée des effets de ce genre d'oubli.
  • Des chercheurs des universités de Grenade et de Jaén ont découvert la raison pour laquelle, lorsque nous récupérons une partie de l'information associée à un souvenir, nous avons du mal à nous souvenir du reste. Ce phénomène est connu dans le domaine de la Psychologie comme Oubli Induit par la Récupération (OIR), et les scientifiques ont déterminé le processus cognitif chargé de le produire ainsi que la durée des effets de ce genre d'oubli.
    Pour mener à bien cette recherche, ses auteurs ont élaboré différentes activités mnésiques dans lesquelles les participants doivent étudier un matériel déterminé, puis récupérer partiellement l'information étudiée. Cette tâche a été dessinée à différents niveaux de difficulté et avec différents types de matériels, et appliquée aussi bien à des jeunes (étudiants universitaires) qu'à des personnes âgées (une moyenne de 65 ans).
    En premier lieu, les participants apprennent une série de mots organisée, par exemple,
    par catégories sémantiques. Lors d'une seconde phase, on présente aux participants une
    série de pistes afin qu'ils se souviennent de la moitié des exemplaires de la moitié des
    catégories touchées. Après cela, on leur pose des questions sur tous les éléments étudiés
    lors de la première phase. On observe là que les éléments qui n'ont pas été rappelés
    pendant la seconde phase mais faisant partie des catégories pratiquées, se rappellent
    encore moins que les éléments non récupérés lors de la seconde phase et qui font
    également partie de catégories non récupérées par la mémoire.

    Deux questions non résolues
    L'objectif de ce travail a été d'approfondir dans la caractérisation du mécanisme de
    contrôle cognitif impliqué dans l'Oubli Induit par la Récupération (OIR). Bien que
    certaines propriétés de ce phénomène soient déjà connus, deux questions importantes
    n'ont pas encore été résolues : le caractère contrôlé vs automatique du mécanisme
    responsable de réduire l'accessibilité des traits de mémoire, et les paramètres temporels
    de cette faible accessibilité.
    Les scientifiques de l'UGR ont résolu ces deux questions et ont corroboré le caractère adaptatif de l'Oubli Induit par la Récupération. Il s'agit d'un effet qui se produit comme conséquence de l'action d'un mécanisme de contrôle cognitif qui s'avère efficace même chez des personnes présentant un certain déficit dans le contrôle exécutif. Ce mécanisme permet de réduire l'accessibilité de traits qui, autrement, pourraient affecter la récupération d'information objective, mais qui, cependant, montre ses effets de façon plus ou moins persistante, en fonction du type d'information qui se voit affectée par lui. Loin de produire des effets permanents de perte d'accessibilité, l'information oubliée peut se récupérer avec normalité en peu de temps si elle occupe un espace central dans la structure cognitive de l'individu.
    L'auteure principale de ce travail est Almudena Ortega, du Département de Psychologie Expérimentale de l'Université de Grenade, avec les professeurs Teresa Bajo Molina (Université de Grenade) et Carlos J. Gómez Ariza (Université de Jaén). Une partie des résultats de cette recherche a été publiée dans la revue Journal of Experimental Psychology: Learning, memory and Cognition.

    samedi 25 février 2012

    Une inversion de l’activité du cerveau provoquée par les hormones du stress détermine l’Etat de stress post traumatique (ESPT)

    Qui a oublié le moindre détail de cet accident de voiture, survenu il y a 2 ans, au cours duquel nous avons éprouvé la peur de notre vie ? A l’inverse, qui se souvient encore du très bon repas dégusté l’an dernier, même si il était réellement, très très bon ? Aujourd’hui, les bases biologiques de cette capacité "adaptative" à se souvenir d’un événement stressant, sont de mieux en mieux connues. En revanche, on savait jusqu’alors peu de choses sur l’état de stress post traumatique (ESPT). Cet état pathologique est déclenché chez certains individus suite à l’exposition à un événement très stressant. Dans cet état, les personnes atteintes sont envahies par la peur même face à des éléments sans danger objectif. L’ESPT est-il spécifique de l’espèce humaine influencée par son histoire et sa culture ? Ou s’agit-il d’un état retrouvé dans diverses espèces, et qui résulte de changements biologiques communs ? Telles sont les questions que se sont posées Pier-Vincenzo Piazza, directeur du Neurocentre Magendie à Bordeaux (Inserm/ Université Victor Segalen) et ses collaborateurs. Leurs résultats sont détaillés dans la revue Science (publication accélérée on line sur Science Express, datée du 23 février).


    Nous mémorisons plus facilement un événement stressant qu’un événement agréable. Cette mémorisation des événements négatifs est partagée par pratiquement toutes les espèces capables de comportements, preuve qu’il s’agit probablement d’une capacité sélectionnée au cours de l’évolution : elle permet la survie dans un environnement hostile.

    Toutefois, l’exposition à des événements très stressants peut entraîner chez certains individus un état pathologique dont l’état de stress post-traumatique (ESPT) est l’exemple le plus emblématique. Aux Etats-Unis, on estime ainsi que ce syndrome touche 6,8 % de la population générale et que 30 % des vétérans de la guerre du Vietnam en sont atteints et 12 % des vétérans de la guerre du Golfe (source National Center for PTSD, http://www.ptsd.va.gov).

    Dans cet état de stress, la mémoire de la personne est perturbée : elle n’est plus capable d’adapter sa réaction de peur au "bon" contexte et aux "bons" éléments prédictifs. Elle prend peur dans des situations qui ne présentent aucune menace. Les peurs deviennent alors de plus en plus envahissantes jusqu’à empêcher une vie normale. "Si vous êtes attaqué par un lion dans la savane alors qu’une nuée d’oiseaux vole dans le ciel, il sera normal d’éprouver un sentiment de peur lorsque vous reviendrez flâner dans la savane, la fois suivante, détaille Pier-Vincenzo Piazza. En revanche, vous ne devriez pas être apeuré si, en vous baladant sur un green de golf, un autre espace naturel ouvert, vous apercevez ou entendez des oiseaux à l’horizon.", précise le Directeur de recherche de l’Inserm. Si c’est le cas, vous avez peut-être développé un état de stress post-traumatique, conséquence de votre attaque par de lion.

    Les groupes de Pier-Vincenzo Piazza et Aline Desmedt montrent que ces difficultés de mémorisation associées à l’ESPT ne sont pas spécifiques à l’être humain et sont retrouvées chez la souris. Pour cela, les chercheurs ont conditionné des souris à anticiper une menace (un choc électrique) plus ou moins forte par un contexte spécifique (un environnement annonciateur), et à distinguer ce contexte spécifique de stimuli présents lors du conditionnement mais qui ne prédisent pas la menace (un son).

    En condition normale, les souris montrent une réaction de peur quand elles sont exposées au contexte spécifique (l’environnement annonciateur) de la menace mais ne réagissent pas au son qui ne la prédit pas.

    Les chercheurs ont alors administré, après la session de conditionnement, des concentrations croissantes d’hormones glucocorticoïdes, la principale réponse biologique au stress chez les mammifères. Si l’administration de glucorticoïdes suit une menace intense, comme les personnes en état de stress post traumatique, les souris ne parviennent plus à restreindre la réponse de peur au "bon" contexte, et aux bons indices annonçant l’éventuelle menace. Les animaux commencent à montrer de la peur en s’immobilisant en réponse à des indices qui étaient présents pendant la situation stressante mais qui ne prédisent en rien la menace. Ces résultats montrent donc que l’ESPT résulte probablement d’une surproduction de glucocorticoïdes chez certains sujets au moment de l’événement traumatique.

    Ces difficultés de mémorisation induites par les glucocorticïdes sont accompagnées par une réorganisation de l’activité du cerveau, et en particulier du circuit hippocampe-amygdale, un des circuits essentiels à l’encodage des souvenirs associés à la peur. Dans les conditions normales, quand une personne associe une menace à un contexte, on observe une forte activité dans l’hippocampe, la structure du cerveau nécessaire pour tous les apprentissages qui associent un contexte spécifique, un espace, à un événement. En revanche l’activité de l’amygdale est faible. L’amygdale est une zone du cerveau aussi impliquée dans la mémoire émotionnelle, mais elle mémorise les indices spécifiques, comme des sons, qui prédisent la menace.

    Quand les sujets sont soumis à une augmentation des glucocorticoïdes et que des déficits de mémoire qui caractérisent l’ESPT sont observés, l’activité dans l’hippocampe baisse, celle relevée dans l’amygdale augmente. En état de stress post traumatique, les chercheurs notent donc une inversion de l’activité normale du cerveau. L’activité anormale dans l’amygdale peut expliquer le fait que le sujet commence à "sur-répondre" à des prétendus indices, présents au moment de l’événement traumatisant mais qui ne sont pas, en eux-mêmes, prédictifs d’un quelconque danger. L’activité faible dans l’hippocampe peut expliquer que le sujet ne reconnaît plus le bon contexte : il est donc incapable de d’avoir une réaction de peur uniquement face à une situation appropriée.

    "L’ESPT n’est pas seulement un souvenir excessif de la situation traumatisante mais surtout un déficit de mémoire qui empêche la personne atteinte de restreindre sa réaction de peur au contexte qui prédit la menace", expliquent les chercheurs. Dans le syndrome de stress post traumatique, un fort souvenir de l’événement traumatisant est associé à l’amnésie du contexte environnant cet événement. Certains éléments du contexte, présents lors de l’événement traumatisant, sont considérés, à tort comme prédictifs de l’événement.

    En conclusion, les auteurs expliquent que les problèmes de mémorisation dus à l’ESPT semblent être causés par une réponse biologique au stress anormale chez certains individus : une production excessive de glucocorticoïdes simultanée à une exposition à un stress intense provoque, chez ces individus, une inversion de l’activité normale des structures du cerveau qui encodent les souvenirs liés à la peur.

    "Nous avons démontré que l’ESPT se produit aussi chez d’autres espèces que l’homme et qu’il a donc des origines biologiques communes. Le modèle souris de cette pathologie ouvre maintenant la voie à une meilleure compréhension des bases moléculaires de cet état pathologique qui pourraient permettre le développement de thérapies", concluent les chercheurs de l’Inserm.


    "Glucocorticoids can Induce PTSD-like Memory Impairments in Mice"
    Nadia Kaouane1,2,4, Yves Porte1,2#, Monique Vallée2,4, Laurent Brayda-Bruno1,2,4, Nicole Mons1,2$, Ludovic Calandreau3, Aline Marighetto1,2,4, Pier Vincenzo Piazza2,4*†, Aline Desmedt1,2,4*†
    (1) CNRS UMR 5228, Centre de Neurosciences Intégratives et Cognitives, Talence, France
    (2) Université de Bordeaux, Bordeaux, France
    (3) INRA Centre de Tours Nouzilly, Physiologie de la Reproduction et des Comportements, CNRS UMR 6175, INRA UMR 85, Université de Tours - Haras Nationaux, Nouzilly, France
    (4) Inserm U862, Neurocentre Magendie, 146 rue Leo Saignat 33077 Bordeaux, France

    jeudi 23 février 2012

    Explication de la raison pour laquelle, lorsque nous récupérons une partie de l’information associée à un souvenir, nous avons du mal à nous souvenir du reste

    • Ce phénomène est connu dans le domaine de la Psychologie comme Oubli Induit par la Récupération (OIR)
    • Des scientifiques de l'Université de Grenade ont déterminé le processus cognitif chargé de le produire ainsi que la durée des effets de ce genre d'oubli.

    Des chercheurs des universités de Grenade et de Jaén ont découvert la raison pour laquelle, lorsque nous récupérons une partie de l'information associée à un souvenir, nous avons du mal à nous souvenir du reste. Ce phénomène est connu dans le domaine de la Psychologie comme Oubli Induit par la Récupération (OIR), et les scientifiques ont déterminé le processus cognitif chargé de le produire ainsi que la durée des effets de ce genre d'oubli.

    Pour mener à bien cette recherche, ses auteurs ont élaboré différentes activités mnésiques dans lesquelles les participants doivent étudier un matériel déterminé, puis récupérer partiellement l'information étudiée. Cette tâche a été dessinée à différents niveaux de difficulté et avec différents types de matériels, et appliquée aussi bien à des jeunes (étudiants universitaires) qu'à des personnes âgées (une moyenne de 65 ans).

    En premier lieu, les participants apprennent une série de mots organisée, par exemple, par catégories sémantiques. Lors d'une seconde phase, on présente aux participants une série de pistes afin qu'ils se souviennent de la moitié des exemplaires de la moitié des catégories touchées. Après cela, on leur pose des questions sur tous les éléments étudiés lors de la première phase. On observe là que les éléments qui n'ont pas été rappelés pendant la seconde phase mais faisant partie des catégories pratiquées, se rappellent encore moins que les éléments non récupérés lors de la seconde phase et qui font également partie de catégories non récupérées par la mémoire.

    Deux questions non résolues

    L'objectif de ce travail a été d'approfondir dans la caractérisation du mécanisme de contrôle cognitif impliqué dans l'Oubli Induit par la Récupération (OIR). Bien que certaines propriétés de ce phénomène soient déjà connus, deux questions importantes n'ont pas encore été résolues : le caractère contrôlé vs automatique du mécanisme responsable de réduire l'accessibilité des traits de mémoire, et les paramètres temporels de cette faible accessibilité.

    Les scientifiques de l'UGR ont résolu ces deux questions et ont corroboré le caractère adaptatif de l'Oubli Induit par la Récupération. Il s'agit d'un effet qui se produit comme conséquence de l'action d'un mécanisme de contrôle cognitif qui s'avère efficace même chez des personnes présentant un certain déficit dans le contrôle exécutif. Ce mécanisme permet de réduire l'accessibilité de traits qui, autrement, pourraient affecter la récupération d'information objective, mais qui, cependant, montre ses effets de façon plus ou moins persistante, en fonction du type d'information qui se voit affectée par lui. Loin de produire des effets permanents de perte d'accessibilité, l'information oubliée peut se récupérer avec normalité en peu de temps si elle occupe un espace central dans la structure cognitive de l'individu.

    L'auteure principale de ce travail est Almudena Ortega, du Département de Psychologie Expérimentale de l'Université de Grenade, avec les professeurs Teresa Bajo Molina (Université de Grenade) et Carlos J. Gómez Ariza (Université de Jaén). Une partie des résultats de cette recherche a été publiée dans la revue Journal of Experimental Psychology: Learning, memory and Cognition.

    lundi 13 février 2012

    Les apparances peuvent être trompeuses

    C'est la Saint-Valentin, il a oublié d'apporter des fleurs, mais curieusement son esprit ne saisit tout simplement pas l'air très triste de sa compagne. Pourrait-il s'agir d'un problème du cortex préfrontal?

    Des chercheurs en neuropsychologie de l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro de l'Université McGill, ont découvert que deux zones du cortex préfrontal sont cruciales pour déceler ou distinguer les émotions des expressions du visage. Des lésions à ces zones empêchent les personnes de comprendre la grande variété d'expressions faciales qui communiquent les signaux sociaux, importants pour quiconque désire frayer son chemin en société. Et pas seulement à la Saint-Valentin.

    Dre Lesley Fellows, chercheuse principale, et son étudiante Ami Tsuchida, ont examiné un large échantillon de personnes ayant des lésions à diverses régions du cortex préfrontal, à qui elles ont fait passer des tests pour voir où l'impact de l'atteinte était le plus important par rapport à la reconnaissance des émotions. Les résultats de leurs tests ont permis de tirer des conclusions à propos de deux sous-régions du cortex préfrontal peu étudiées jusqu'à maintenant.

    « Les patients ayant une atteinte au cortex préfrontal ventromédian avaient du mal à distinguer une expression faciale neutre d'expressions émotionnelles. Les patients ayant une atteinte au cortex préfrontal gauche pouvaient reconnaître la présence d'une émotion dans l'expression, sans pour autant arriver à démêler les différentes émotions », de dire Dre Fellows.

    « La capacité de conjuguer recherche et travail clinique permet des avancées cruciales en science et en médecine, et illustre parfaitement les avantages du modèle intégré du Neuro, qui combine hôpital et institut de recherche », ajoute Dre Fellows. La recherche, publiée dans la revue Cerebral Cortex, approfondit les connaissances sur la façon dont notre cerveau décèle des expressions émotionnelles et les interprète. Les résultats de la recherche pourraient permettre de comprendre certaines difficultés du comportement social qu'on observe en cas de maladies neuropsychiatriques, comme certaines formes de démence, d'autisme, ou qui se manifestent après un traumatisme cérébral.

    Source : Eurekalert.org

    jeudi 9 février 2012

    Partage de photos et nombre d'amis sur Facebook sont influencés par le type d'estime de soi

    Les femmes qui fondent leur estime de soi sur l'apparence ont tendance à partager plus de photos en ligne et à maintenir de plus grands réseaux sur Facebook, selon une étude publiée dans la revue Cyberpsychology, Behavior and Social Networking.

    Michael A. Stefanone de l'Université d'État de New York à Buffalo et ses collègues ont étudiés les variables expliquant les comportements en ligne sur les sites de réseaux sociaux. Ils ont mené cette étude avec 311 hommes et femmes, âgés de 23 ans en moyenne, qui ont complété un questionnaire mesurant les déterminants du sentiment de valeur personnelle.

     Les contingences sur lesquelles est basé le sentiment de valeur personnelle expliquent en grande partie le comportement social adopté en ligne, concluent les chercheurs. Les participants dont l'estime de soi était fondée sur des contingences externes, telles que l'approbation des autres, l'apparence physique et la compétition pour surpasser les autres, partageaient plus de photos sur Facebook. C'était encore plus le cas chez ceux dont l'estime de soi était surtout basée sur l'apparence, le plus souvent des femmes. Ceux dont la valeur personnelle était basée sur des contingences privées, telles que les compétences académiques ou professionnelles, l'amour et le soutien de la famille, et la moralité, passaient moins de temps en ligne. Ils avaient moins de comportements de recherche d'attention dans les médias sociaux. "Les contingences sur lesquelles les gens basent leur estime de soi représentent une nouvelle approche pour comprendre comment les identités personnelles sont développées et maintenues, dit le chercheur. ".

     "Les résultats suggèrent des différences persistantes dans le comportement des hommes et des femmes qui résultent d'une importance culturelle accordée à l'image et l'apparence des femmes", dit le chercheur.

    Bien que ces résultats soient stéréotypés et prévisibles, dit-il, "il est décevant pour moi qu'en 2011, tant de jeunes femmes continuent d'affirmer leur valeur personnelle par le biais de l'apparence physique - dans le présent cas, en publiant des photos d'elles-mêmes sur Facebook comme une forme de publicité".

     Source : The State Université of New York at Buffalo

    samedi 28 janvier 2012

    Le syndrome du Dr House


    Le syndrome du Dr House est le titre donné par Justine Canonne à article relatant les résultats de l’expérience menée par l’équipe du chercheur Jean Decety, du département de psychologie de l’université de Chicago, étude selon laquelle les médecins seraient plus insensibles à la douleur d’autrui que la moyenne des individus.

    L’équipe de chercheurs propose à des médecins et à des non-médecins (groupe témoin), dont l’activité cérébrale est observée par un électroencéphalogramme, de regarder des photos de personnes qui sur différents endroits du corps sont soit piquées par une aiguille, soit touchées par un coton-tige.

    L’expérience révèle que la réaction cérébrale première et automatique d’empathie observée sur le groupe témoin et aussi habituellement observée chez des personnes regardant une autre souffrir, est supprimée chez les médecins. Pour Jean Decety, « la régulation de l’émotion est essentielle aux praticiens exposés à la souffrance d’autrui, car elle tempère des sentiments contreproductifs d’inquiétude ou de crainte, dégageant ainsi une pleine capacité d’assistance envers autrui ». Parce que ce besoin de supprimer toute réaction émotionnelle peu avoir des effets pernicieux sur le médecin ainsi que sur ses relations avec ses patients, Jean Decety conclut : « Les médecins ont ainsi comme défi de trouver le “bon équilibre” dans leurs réactions émotionnelles et cognitives à l’égard de la douleur du patient . »

    Le Dr House est le nom d’une série télévisuelle qui met en scène un médecin, le Dr Gregory House incarné par l’acteur Hugh Laurie. Présentée comme une enquête policière, la recherche de la maladie et du bon traitement font l’objet d’une étude minutieuse. L’intrigue plonge le téléspectateur dans le corps du patient, à la découverte de la source du problème. Sorte de Sherlock Holmes de la médecine, le Dr House, passionné par les énigmes médicales, se révèle à chaque épisode un diagnosticien hors pair. Le succès de la série doit pour une grande part à la psychologie du personnage déformée par la douleur chronique ; Le Dr House souffre en effet d’une claudication provenant d’une douleur chronique à la jambe droite due à un infarctus consécutif à un anévrisme thrombosé qui a coupé la circulation dans la jambe. Il marche avec une canne et abuse de vicodin, un analgésique opiacé à base de et d’hydrocodone, pour soulager sa douleur.

    Personnage misanthrope, arrogant, cynique, anticonformiste et asocial, il demeure éminemment sympathique par l’effet cathartique qu’il produit chez les téléspectateurs, notamment en endossant pour eux des comportements qui satisfont leurs pulsions immorales, sadiques, agressives, et leurs désirs de toute puissance, ou à d’autres moments par la satisfaction qu’il procure en souffrant d’une douleur qui expie, à leur place, ses excès d’orgueil et de cruauté vis-à-vis de ses patients.

    Il est intéressant que les scénaristes en créant leur personnage aient éprouvé le besoin de lui infliger une douleur chronique qui vienne entretenir sa vulnérabilité. Comme s’ils avaient eu la crainte qu’il ne succombe sans elle à égoïsme et à sa toute puissance et qu’il y perde au final toute parcelle d’humanité. Sa douleur serait-elle garante de humanité et de sa finitude ?

    Cette sorte d’archange déchu ne fait-il pas écho à notre ancienne toute puissance infantile. Une toute puissance infantile que nous n’aurons jamais, après tout, quitté avec plus ou moins d’ambivalence.

    Par des chemins de travers de façon plus ou moins sublimée, cette puissance infantile est toujours là, dans l’attente d’être assouvie, au point que insatisfaction et la frustration qui s’en suit laissent émerger les attentes, les demandes. La douleur chronique de nos patients révèle souvent la malice d’un symptôme qui berce nos illusions thérapeutiques et se gausse de nos attentes insatisfaites. Le pied de nez ainsi infligé à nos connaissances, à nos technicités, semble nous rappeler que le savoir acquis aux contacts des patients douloureux chroniques ne se fait qu’à pouvoir supporter et dépasser nos frustrations infantiles et avec elles nos rêves de grandeur.
    Decety J, Yang CY, & Cheng Y (2010) Physicians down-regulate their pain empathy response : an event-related brain potential study, NeuroImage, 50 (4)