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jeudi 14 juin 2012

Glaucome : un nouveau traitement restaure la vision chez des rats




Pour la première fois, le glaucomepathologie fréquente de la vision, a été traité avec succès par un médicament qui résout le problème à la source. La molécule inhibe l’action d’une chimiokine responsable de l’obstruction du trabéculum, l’origine de la maladie. Explications.
Dans un article paru dans Plos One, des chercheurs de l’Inserm ont réussi à préserver la fonction visuelle de rats atteints de glaucome. Cette maladie, associée à une élévation anormale de la pression à l’intérieur de l’œil, peut conduire à la cécité. L’équipe de chercheurs dirigée par Christophe Baudouin au sein de l’Institut de la vision (Inserm/CNRS/UPMC) a ciblé des molécules spécifiques de l’inflammation : les chimiokines.
Le blocage d’un des récepteurs aux chimiokines (CXCR3) a entraîné une diminution de la pression à l’intérieur de l’œil, grâce à la restauration de l’écoulement normal de l’humeur aqueuse, conduisant à une protection de larétine et de la fonction visuelle.
Soigner le glaucome en faisant retomber la pression
Deuxième cause de cécité dans le monde, le glaucome touche 50 à 60 millions de personnes dont 6 à 7 millions sont aveugles. En France, environ 800.000 personnes sont traitées pour un glaucome. Cette maladie se caractérise par une destruction progressive du nerf optique et une altération irréversible de la fonction visuelle, généralement associée à une élévation anormale de la pression à l’intérieur de l’œil.
Cette forte pression intraoculaire est causée par une résistance à l’écoulement normal de l’humeur aqueuse au niveau d’une structure oculairespécifique : le trabéculum. Toutefois, la dégénérescence des tissus du trabéculum, à l’origine de ce dysfonctionnement, est mal comprise.
Les traitements actuels contre le glaucome ne ciblent pas directement la trabéculopathie originelle. Ceci pourrait en partie expliquer l’échec thérapeutique souvent observé et conduisant parfois à la cécité en dépit d’une prise en charge médicale optimale.
Alexandre Denoyer, l'un des auteurs de cette étude, retrace dans cette vidéo les points forts de cette découverte d'un nouveau traitement contre le glaucome. © Inserm
La chimiokine CXCL12 réduite au silence
L’équipe de chercheurs dirigée par Christophe Baudouin à l’Institut de la vision est impliquée dans l’étude des mécanismes physiopathologiques responsables de la trabéculopathie glaucomateuse, et plus spécifiquement du rôle de certaines molécules de l’inflammation appelées chimiokines.
Plusieurs chercheurs de cette équipe viennent de montrer sur des tissus de patients glaucomateux et sur une lignée cellulaire humaine de trabéculum, l’existence d’une balance entre la chimiokine dite CXCL12, et une forme tronquée de celle-ci, le SDF-1(5-67). Tandis que la première favorise la viabilité des tissus du trabéculum via le récepteur CXCR4, l’autre forme induit la mort trabéculaire via le récepteur CXCR3. Il semble que le passage d’une forme saine à la forme tronquée soit favorisé par un environnement particulier et des cytokines et métalloprotéinases impliquées dans le glaucome.
Dans un deuxième temps, les chercheurs ont observé dans un modèle animal de glaucome que le blocage de CXCR3 permet de diminuer la pression intraoculaire, de restaurer la fonction de filtration du trabéculum et de préserver ainsi la fonction visuelle en protégeant la rétine.
Ces travaux permettent d’améliorer la compréhension du glaucome. Pour Alexandre Denoyer, premier auteur de cette publication, « la stratégie inédite utilisée ciblant les chimiokines au niveau du trabéculum pourrait aboutir au développement d’un traitement innovant en remplacement ou en complément des traitements à long terme par les collyres actuels ».

mercredi 16 mai 2012

Une thérapie cellulaire rend la vue à des malvoyants







En France, des patients souffrant d'atteintes graves de la cornée ont été traités avec succès. Comme un coup d'essuie-glace sur un pare-brise plein de boue. C'est l'impression qu'a eue dix-huit ans après son accident une femme de 40 ans opérée par l'équipe du Pr Carole Burillon, chef du service d'ophtalmologie de l'hôpital Édouard-Herriot (CHU Lyon). La spécialiste de la cornée a présenté mercredi les résultats d'une nouvelle technique chirurgicale lors d'une session de l'Académie de chirurgie consacrée à l'ingénierie tissulaire, cette nouvelle médecine qui consiste à fabriquer des tissus humains à partir de cellules et de milieux de cultures. «Des résultats originaux, solides, avec une méthodologie robuste», a commenté enthousiaste le Pr Jean-Michel Dubernard (Haute Autorité de santé).

Le cas de cette quadragénaire n'est toutefois pas isolé. Depuis 2007, l'équipe lyonnaise a opéré 26 patients en utilisant la même procédure. Il s'agissait de personnes dont la cornée des deux yeux était très abîmée et sujette à des ulcères douloureux en raison d'accidents (brûlures thermiques ou caustiques par de la soude ou de l'eau de javel par exemple), d'infections ou de maladies rares. Des pathologies qui toucheraient une cinquantaine de français chaque année.










Schématiquement, la surface d'un œil est formée d'une couche de cellules opaques (qui empêchent la lumière de passer), le blanc de l'œil ou conjonctive, interrompue en son centre par une couche de cellules transparentes, la cornée, qui forme comme un verre de montre. Entre ces deux zones, se trouvent une frontière cruciale, le limbe. Grâce à sa richesse en cellules souches, le limbe permet le renouvellement cellulaire, et surtout empêche les cellules opaques de la conjonctive d'envahir la zone transparente de la cornée. Lorsque ce limbe est détruit par accident, la cornée s'obscurcit. «C'est frustrant de penser que derrière la cornée malade il y a un œil sain», détaille le Pr Burillon.

Des résultats spectaculaires

D'où l'idée de traiter directement la cornée en greffant dessus des cellules cultivées. L'intervention se fait en plusieurs étapes. D'abord, on prélève des cellules dans la bouche des patients, environ 1 cm², sous anesthésie locale. Ces cellules sont ensuite mises en culture pendant quelques semaines sur un film en polymère thermolabile, l'UpCell-Insert fabriqué par une firme japonaise. Particularité de ce support, il libérera facilement la couche cellulaire cultivée à sa surface lorsqu'on le mettra en contact avec la cornée grâce à la basse température (20-22 °C) de cette dernière: «L'adhésion se fait spontanément comme si on avait mis de la colle forte sur la cornée», explique le Pr Burillon.

Grâce à cette autogreffe, si l'on excepte deux échecs (inflammation grave) et un patient dont les médecins sont restés sans nouvelles les résultats sont spectaculaires pour les autres: 22 sur 23 ont noté une amélioration de leur qualité de vie. Parmi les malades qui avaient au départ une vision basse, 11 sur 14 ont vu leur acuité visuelle nettement améliorée. Plus impressionnants encore, six des neufs patients initialement presque aveugles ont connu la même amélioration: en plus de l'autogreffe, ils ont dû bénéficier d'une greffe de cornée du fait d'une atteinte profonde, alors que les autres souffraient de lésions plus superficielles.

Pour le Dr François Malbrel (ophtalmologue à Lille), les avantages de la greffe autologue pour ces patients sont évidents: «On évite les rejets, on dispose d'un capital cellulaire à greffer conséquent, on évite d'affaiblir l'œil sain en cas d'atteinte unilatérale et enfin il n'existe pas de problème éthique tel que ceux rencontrés avec les cellules souches embryonnaires. De plus, cela permet dans la plupart des cas de guérir la pathologie cornéenne en rétablissant sa transparence et de ne pas devoir réaliser une greffe de cornée avec trois ans de recul.»

Fort de ses résultats, l'équipe lyonnaise espère obtenir d'ici à la fin 2012 une autorisation spéciale (ATU) pour poursuivre ses essais et lancer bientôt une étude européenne.


Source : Lefigaro.fr












lundi 7 mai 2012

Implant rétinien : deux Britanniques retrouvent partiellement la vue



Lors d’un essai clinique international, les deux premiers patients britanniques devenus aveugles suite à une rétinite pigmentaire ont reçu un implant rétinien qui restaure, très partiellement, la vision. Les résultats ne sont pas officiellement publiés mais après plus de six années de recul, les scientifiques semblent optimistes concernant l’efficacité du procédé.

Cela fait plus de six ans que l’entreprise allemande Retina Implant teste son matériel sur l’Homme. Il s’agit d’une micropuce qu’il faut placer sous la rétine, la région de l’œil qui capte et transforme la lumière en images, afin de restaurer la vision chez des personnes aveugles. Une première publication, parue en novembre 2010 dans la revue Proceedings of the Royal Society B, expliquait que l’implant était plus efficace lorsqu’il était placé au niveau de la macula, là où l’on voit le mieux.

Depuis, la majorité des patients atteints de rétinite pigmentaire (une maladie qui détruit progressivement les cellules rétiniennes jusqu’à la cécité) qui ont été traités avec cette micropuce recouvrent très partiellement la vision, devenant capables de distinguer des contrastes nets (une assiette blanche sur une nappe noire par exemple) et de reconnaître quelques objets usuels. Le Finlandais Miikka Terho, l’un des premiers à avoir reçu l’implant, impressionne même les scientifiques en parvenant à distinguer certaines couleurs, alors qu’il est censé voir en noir et blanc.

Rétine artificielle : les patients anglais

Désormais, l’essai clinique s’élargit et débarque au Royaume-Uni. Douze nouveaux non-voyants devraient en tout bénéficier de la rétine artificielle. Pour le moment, seuls deux d’entre eux ont subi l’opération, longue de huit heures, à la mi-avril. Les résultats sont déjà prometteurs.


Ce schéma explique brièvement le fonctionnement de la puce. La lumière est focalisée par la cornée et le cristallin vers la micropuce implantée juste sous la rétine. Les 1.500 électrodes transforment l'information lumineuse en signal électrique transmis jusqu'au cerveau. © Idé
Chris James, 51 ans, était devenu aveugle de l’œil gauche, son œil droit ne pouvant que simplement différencier l’ombre de la lumière. Dès l'activation de l’implant, il a pu mieux percevoir la lumière et distinguer les contours de certains objets. Il a aussi pu avoir un aperçu visuel de sa femme, épousée il y a sept ans alors qu’il était déjà aveugle. Pour Robin Millar, le procédé a provoqué chez lui une petite révolution : « J’ai rêvé en couleur pour la première fois depuis vingt-cinq ans, donc une partie de mon cerveau qui était jusque-là endormie s’est réveillée ! »

La vision pourrait s’améliorer avec le temps

La micropuce mesure 3 mm de côté, et se compose de 1.520 électrodes, ou microphotodiodes, qui captent la lumière, comme le font normalement les cellules en cônes et en bâtonnets, et la transforment en un signal électrique proportionnel à l’intensité lumineuse. L’information est transmise via le nerf optique, toujours fonctionnel bien qu’il n’ait plus été réellement sollicité depuis des années, jusqu’au cerveau, qui va alors recréer une image.

Tim Jackson, chirurgien de l’œil au King’s College de Londres, impliqué dans ce travail, précise que les patients ne retrouveront pas leur vision d’antan, mais mieux percevoir leur environnement, ce qui devrait malgré tout grandement améliorer leur quotidien. Les chercheurs espèrent que l’acuité visuelle s’améliorera au fur et à mesure, car le cerveau doit réapprendre à voir, et il faut laisser le temps aux processus cérébraux de se perfectionner.

Cette rétine artificielle constitue un espoir pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire (un Européen sur 4.000), mais aussi de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la première cause de cécité chez les personnes âgées, affectant 25 % des séniors de plus de 65 ans

Source ; Futura santé

vendredi 9 mars 2012

Lutéine et zéaxanthine contre la cataracte

La lutéine et la zéaxanthine pourraient protéger de la cataracte.





La lutéine et la zéaxanthine sont deux pigments de la famille des caroténoïdes (comme le béta-carotène de la carotte) qu'on retrouvent dans le jaune d'oeuf, le maïs et des légumes verts à feuilles comme les épinards ou l'oseille.

Il est connu depuis quelques années que ces deux pigments diminuent le risque de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) via une action antioxydante qui protège la rétine et en particulier la macula. Récemment, des chercheurs ont soulevé un bénéfice possible de ces deux pigments contre la cataracte, une maladie caractérisée par une opacification du crystallin, entraînant une baisse de la vision et pouvant aller jusqu'à la cécité. Seule la chirurgie est efficace actuellement pour traiter cette maladie.

Des chercheurs Finlandais ont examiné le lien entre le taux de lutéine et de zéaxanthine dans le sang et le risque de développer une cataracte chez 1689 personnes âgées de 61 à 80 ans. Les chercheurs ont ainsi constaté que des taux élevés de lutéine et zéaxanthine sont associés à une diminution du risque de cataracte sénile (liée à l'âge) de l'ordre de 40%.

Les chercheurs expliquent : "Le rapport zéaxanthine / lutéine est plus élevé dans le crystallin que dans le sang ce qui suggère que le crystallin accumule la zéaxanthine. Ces deux composés protègent les membranes liposomales du stress oxydatif induit par la lumière. La zéaxanthine et la lutéine semblent s'orienter différemment dans les membranes pour mieux protéger contre le stress oxydatif. La zéaxanthine st un très bon antioxydant pour protéger les membranes du radical peroxyle."

Référence : Karppi J, Laukkanen JA, Kurl S. Plasma lutein and zeaxanthin and the risk of age-related nuclear cataract among the elderly Finnish population. Br J Nutr. 2011 Oct 18:1-7.

mercredi 25 janvier 2012

dimanche 22 janvier 2012

Des cellules souches contre la dégénérescence de la macula



Le groupe Mesentech, composé de chercheurs de la Faculté de médecine Carl Gustav Carus de l'Université technique de Dresde et le Life-Science-Inkubator GmbH & CoKG (LSI) des sites de Dresde (Saxe), Hambourg et Bonn (Rhénanie du Nord-Westphalie) se consacrent actuellement à ralentir voire inverser la progression de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA).

La DMLA, qui se traduit par une dégénérescence progressive de la macula [1], est la cause la plus fréquente d'aveuglement chez les personnes âgées dans les pays industrialisés. Les estimations actuelles tendent à montrer qu'avec l'élargissement du haut de la pyramide des âges, 25% de la population de plus de 60 ans seront atteints de cette maladie en 2020. Son origine et les étapes de sa survenue sont encore peu connues mais il est clair que son apparition est liée à l'âge, à des facteurs génétiques, au fait de fumer, à des processus inflammatoires et à la nutrition (manque de vitamine).

Il n'existe pas encore de possibilités pour soigner cette maladie de la rétine, mais seulement de retarder la mort de nouvelles cellules et ainsi de conserver une acuité visuelle centrale un peu plus longtemps, et ceci, seulement pour les patients atteints de la forme exsudative "humide" de la maladie, soit 20% de la population. Le traitement consiste en l'injection mensuelle d'inhibiteur de croissance (inhibiteur de VEGF) pour un coût de 800 à 1500 euros par piqure. Les 80% de patients atteints de la forme atrophique "sèche" de la DMLA se voient, eux, dépourvus de thérapie.

La nouvelle thérapie régénératrice et protectrice de l'équipe de Dresde consiste en l'insertion de cellules souches mésenchymateuses [2] du patient. Elle s'adresse à toutes les formes de dégénérescence de la rétine, dont, en priorité la DMLA et la rétinopathie diabétique. Mesentech veut intervenir aux premiers stades de la maladie pour offrir aux patients une meilleure qualité de vie. Le développement d'une thérapie cellulaire nécessite cependant environ dix ans d'études cliniques avant de déboucher sur des applications thérapeutiques.

Le projet a déjà remporté la première place du concours de business plan "futureSAX" dans la catégorie "Créer" et a par la suite été pris en main par l'"Incubateur des sciences de la vie" ("Life-Science-Inkubator) du Gouvernement fédéral. Celui-ci offre une évaluation et une gestion des projets méthodiques et ciblées de manière à minimiser des risques liés à la R&D. Après une évaluation détaillée des travaux effectués, le groupe Mesentech a été admis dans le programme de financement de Life Science Inkubator GmbH [3] par lequel il a obtenu 1,9 millions d'euros pour les deux ans et demi à venir, permettant la création d'une société à responsabilité limitée (GmbH).
Claire Cecillon
- [1] La macula est la zone de la rétine caractérisée par une concentration maximale de cônes. En son centre se trouve la zone d'acuité maximale de l'oeil, c'est-à-dire celle qui donne la vision la plus précise en éclairage diurne. Pour plus d'informations, consultez la page Wikipédia suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Macula
- [2] Les cellules souches mésenchymateuses sont des cellules souches multipotentes pouvant se différencier en différents types cellulaires dont les ostéoblastes (cellules d'os), les chondrocytes (cellules de cartilage) et les adipocytes (cellules de graisse). Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Mesenchymal_stem_cell
- [3] Life Science Inkubator est financé par le Ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF), la société Fraunhofer, la communauté Helmholtz, la société Max Planck ainsi que d'autres institutions de recherche extra-universitaire et des investisseurs privés. Site internet : http://www.life-science-inkubator.de/
- Dierk Wittig, Directeur du projet Mesentech - Institut d'Anatomie, Faculté de médecine Carl Gustav Carus, Université technique de Dresde