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vendredi 23 mars 2012

Cancer : l'effet bénéfique de l'aspirine confirmé




Trois études révèlent son intérêt dans la prévention et le traitement des cancers.
Cela apparaît de plus en plus nettement: l'aspirine joue clairement un rôle positif dans la prévention mais aussi dans l'évolution du cancer. Les trois nouvelles études publiées mercredi dans le Lancetet le Lancet Oncology viennent renforcer les résultats déjà obtenus par l'équipe du Pr Peter Rothwell (université d'Oxford). Dès 2007, ses travaux indiquaient une réduction globale par l'aspirine du risque à long terme de décès par cancer. En 2010, il avait démontré cet effet bénéfique d'abord pour le cancer colorectal, puis pour d'autres tumeurs -prostate, estomac, poumons, pancréas… Cette réduction globale de la mortalité par cancer, de 20 à 25% selon les tumeurs, était encore plus élevée (34%) lorsque la durée de la prise quotidienne d'aspirine dépassait cinq ans.

Restait à savoir si le même bénéfice se faisait aussi sentir à plus court terme. C'est ce qu'ont cherché à établir Peter Rothwell et John Radcliffe (hôpital d'Oxford) dans cette nouvelle série de travaux. Pour cela, ils se sont servis comme auparavant des nombreux essais qui ont évalué l'action de l'aspirine, utilisée à dose quotidienne dans la prévention au long cours des accidents cardio-vasculaires pour son effet anti-agrégant plaquettaire et fluidifiant du sang.

Dans la première étude publiée mercredi par le Lancet, l'analyse des dossiers médicaux des 77.549 patients inclus dans 51 essais de prévention cardio-vasculaire montre que l'aspirine diminue globalement de 15% le risque de décès par cancer chez les patients traités par rapport aux témoins. Ce risque est même réduit de 37% si on tient seulement compte des 5 premières années de traitement. De plus, dans 6 essais de prévention primaire des accidents cardio-vasculaires par de faibles doses quotidiennes d'aspirine (soit 35.535 participants), la survenue d'un cancer est réduite d'environ un quart durant les 3 premières années du traitement, de façon presque identique chez les hommes (23%) et les femmes (25%). Le risque de saignements lié à l'utilisation de l'aspirine a tendance à se réduire avec la durée du traitement.

La deuxième étude porte sur la survenue de métastases au cours de cancers diagnostiqués durant 5 essais randomisés de prévention des accidents cardio-vasculaires par de l'aspirine à la dose quotidienne de 75 mg, soit 17.285 personnes. La durée moyenne du suivi a été de 6,5 ans. Ici, le risque de cancer avec métastases à distance a été réduit de 36% dans le groupe traité par aspirine comparé au groupe témoin sous placebo.

Indépendant de l'âge et du sexe

Cette réduction est particulièrement forte (46%) pour les adénocarcinomes, les formes les plus courantes des tumeurs solides (côlon, poumons, prostate… notamment), plus faible pour les autres formes de cancer. Pour ces adénocarcinomes, le risque est réduit de 31% s'il s'agit d'un diagnostic de tumeur métastatique d'emblée, et de 55% lorsqu'il s'agit de métastases apparues secondairement au diagnostic. Cet effet est indépendant de l'âge et du sexe.

La troisième étude, publiée celle-ci par le Lancet Oncology, s'intéresse aussi à l'effet préventif de l'aspirine sur les métastases, mais cette fois en comparant les résultats des essais randomisés avec ceux des études menées selon d'autres méthodologies. Ce travail confirme la réduction des métastases pour plusieurs cancers étudiés (colorectal, œsophage, estomac, sein…).
Pour le Pr François Chast (Hôtel-Dieu, Paris), «après avoir reconnu successivement les vertus de l'aspirine en rhumatologie puis en cardiologie, on se dirige de façon quasiment inéluctable vers la reconnaissance de l'intérêt de l'aspirine dans la prévention des cancers. Les résultats deviennent significatifs à partir de la 3e année à dose élevée, de la 5e année pour les faibles doses, ce qui est assez rapide, et l'étude confirme la nécessité d'une prise quotidienne».

Mais il n'en faut pas moins garder à l'esprit certaines limites de ces études, estime le pharmacologue: «Elles ont été réalisées à partir d'études de prévention cardio-vasculaire, donc pas conçues par des cancérologues, avec tous les critères pertinents pour fournir des résultats en cancérologie.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger le risque d'hémorragie digestive avec l'aspirine, même si on peut le réduire significativement en traitant ces patients pour éradiquer la bactérie Helicobacter pylori de leur estomac, ou en ajoutant au traitement un inhibiteur de la pompe à protons pour limiter le risque d'ulcère.» Mais, estime le Pr Chast, «ces résultats sonnent comme le printemps d'une nouvelle approche en cancérologie. Malheureusement l'aspirine est quasiment un médicament orphelin, qui ne bénéficie pas de l'intérêt, du soutien d'un industriel pour faire avancer sa cause auprès des autorités du médicament. C'est peut-être sa principale faiblesse…»


Source :   Le Figaro >>

mercredi 14 mars 2012

Un médicament diminuerait le racisme


  • Le propranolol, un médicament utilisé depuis plus de 50 ans en cardiologie diminuerait le racisme.
  • Une découverte incroyable.

  • Des chercheurs de l'université de Oxford ont décidé d'examiner les mécanismes neurobiologiques du racisme.
     Le racisme envers les autres s'exprime de deux manières, une consciente (explicite) et une inconsciente (implicite).

     Selon eux les attitudes inconscientes négatives envers les autres races sont à l'origine de nombreux préjudices sociaux.

     Ils ont donc décidé de tester le racisme inconscient de 36 hommes blancs en bonne santé via un test standard de psychologie appelé "test d'attitude implicite". 

    Mais avant d'effectuer le test, les 36 hommes ont été aléatoirement scindés en deux groupes : un groupe a reçu un placebo et l'autre groupe a reçu 40 mg de propranolol, un médicament utilisé depuis longtemps en cardiologie et dont un des effets connus est de lutter contre le stress (il est d'ailleurs souvent abusivement prescrit aux étudiants avant les examens).

    Verdict : le groupe qui a passé le test après avoir pris du placebo a vu sa mesure inconsciente du racisme chuter fortement. En revanche le racisme conscient n'a pas été modifié. Pour les chercheurs ces résultats signent que le racisme est une émotion qui transite via la noradrénaline.

    Comment le propranolol diminue le racisme ? Pour les chercheurs ce médicament bloque l'activation du système nerveux périphérique autonome ainsi que des zones du cerveau responsables de la peur et des réponses émotionnelles.

     Ils suggèrent que le propranolol est capable de minimiser le racisme inconscient car ce sentiment est basé sur une peur inconsciente que le propranolol bloque directement.

     Pour Sylvia Terbeck, auteur de l'étude et chercheur en psychologie expérimentale à l'université d'Oxford : "Ces résultats amènent de nouvelles informations sur la manière dont le cerveau contrôle le racisme inconscient. Ce type de racisme peut exister même chez des personnes qui ont une foi sincère en l'égalité." Et elle ajoute : "Compte tenu du rôle clef que ces attitudes inconscientes jouent dans la discrimination et de l'utilisation importante du propranolol dans la population (pour d'autres raisons de santé), nos résultats sont d'un intérêt éthique considérable."



    Référence : Terbeck, S. Kahane, G. McTavish, S. Savulescu, J. Cowen, P. Hewstone, M. Propranolol reduces implicit negative racial bias. Psychopharmacology. Doi: 10.1007/s00213-012-2657-5.

vendredi 2 mars 2012

Les somnifères favorisent le sommeil… et les risques de mort précoce

Les somnifères pourraient bien augmenter les risques de mort précoce. C’est ce qui ressort d’une étude montrant qu’à petites doses, les probabilités sont déjà significatives. Mais les auteurs invitent malgré tout à prendre avec prudence leurs résultats.

Une étude américaine rapporte que les hypnotiques induiraient une augmentation de la mortalité : même pris très occasionnellement, ils augmenteraient le risque de mort précoce et de cancers. Utilisés pour induire ou maintenir le sommeil, ces médicaments font figure de blockbusters et les Français en sont des utilisateurs intensifs.

Publié par le British Medical Journal Open, le travail de Daniel Kripke et ses collaborateurs a été mené sur 10.500 volontaires âgés en moyenne de 54 ans. Ils ont été suivis durant deux ans et demi, période au cours de laquelle ils ont pu recourir – régulièrement ou occasionnellement – à un ou des médicaments hypnotiques : des benzodiazépines ou d’autres somnifères tels que le zolpidem, l’eszopiclone ou le zaleplon, mais aussi des barbituriques ou des sédatifs antihistaminiques. Il existe, on le voit, une très large variété de médicaments pour dormir…

Cet important groupe de patients a été comparé à une seconde cohorte, composée de 23.500 sujets ne prenant aucun médicament pour dormir. Ces volontaires présentaient les mêmes caractéristiques d’âge, de sexe et d’hygiène de vie que la population étudiée. Leur état de santé, leur poids et leur origine ethnique ont également été pris en compte. La seule différence entre les deux groupes résidait donc dans la consommation de médicaments hypnotiques.

Les troubles du sommeil ont des répercussions sur la santé, parmi lesquelles le manque de concentration ou des risques accrus d'accidents. Mais prendre des médicaments pour dormir peut également avoir son lot de conséquences. © Phovoir


Un lien entre prise de somnifères et mortalité du cancer

« À partir de (seulement, NDLR) 18 prises de ces médicaments sur une année, le risque de décès prématuré est multiplié par 3,5 » soulignent les auteurs. Il augmenterait avec la quantité d’hypnotiques consommés. En effet, entre 18 et 132 prises par an, le risque de décès serait quadruplé voire quintuplé au-delà de ce chiffre. Les utilisateurs d’hypnotiques à hautes doses verraient également leur risque de cancers – tous types confondus – accru de 35 %.

Ces résultats, toutefois, doivent être interprétés avec prudence. Les auteurs eux-mêmes font valoir que leurs travaux n’indiquent en aucun cas « un lien de cause à effet » entre la prise d’hypnotiques et l’augmentation des risques.

Neurologue et directeur du laboratoire du sommeil au CHU de Montpellier, Yves Dauvilliers partage cette prudence. Il regrette notamment que « les auteurs ne précisent pas la pathologie sous-jacente ayant conduit à la prise de traitements, une insomnie primaire, une insomnie avec dépression, une insomnie avec anxiété…. Qu’en est-il de la somnolence associée ? Ces éléments sont majeurs pourtant pour préciser la responsabilité respective des médicaments ». Reste de plus à déterminer dans ce travail les causes de mortalité chez les sujets exposés aux hypnotiques !

À ses yeux, ces résultats « constituent néanmoins un argument supplémentaire pour réévaluer régulièrement le rapport bénéfice/risque de ces molécules dans la prise en charge des troubles chroniques du sommeil ».


Source : futura sciences

samedi 11 février 2012

Un anticancéreux guérit des souris atteintes d'Alzheimer

Un médicament contre le cancer a rapidement restauré les fonctions cérébrales de souris de laboratoire atteintes d'Alzheimer. Cette avancée pourrait déboucher sur un traitement pour cette maladie incurable et dévastatrice, révèle une étude publiée le 09.02.2012 dans la revue Science. 

mercredi 1 février 2012

VIH/sida : un vaccin canadien à l'essai

Le Dr Chil-Yong Kang University of Western Ontario
Un vaccin préventif contre le VIH/sida créé en Ontario fera bientôt l'objet d'essais sur des humains,
 ont annoncé des chercheurs de University of Western Ontario, London, Canada. La FDA (Food and Drug Administration, l'agence américaine responsable notamment de la gestion des médicaments) a donné son aval pour que des essais cliniques de phase 1 portent sur 40 personnes séropositives dès janvier 2012.

L'équipe du Dr Chil-Yong Kang travaille depuis 2005 sur ce vaccin, qui pourrait éventuellement aider à contenir la propagation du virus. "L'approbation de la FDA pour les essais sur les humains est une étape extrêmement importante pour notre vaccin, qui a le potentiel de sauver des millions de personnes autour du monde en prévenant l'infection au VIH" explique Dr Chil-Yong Kang. Les chercheurs expliquent que les résultats du vaccin SAV001 obtenus sur des animaux montrent une réaction positive du système immunitaire, sans effets secondaires ni risques pour la santé.

Aucun autre vaccin contre le VIH/sida n'est actuellement en développement au Canada. Le SaV001 sera l'un de la trentaine de vaccins testés à l'échelle internationale. A ce jour, malgré les ressources scientifiques importantes, aucun vaccin n'a été commercialisé. La compagnie pharmaceutique Sumagen collabore aux recherches.

Les étapes:

- Essais de phase 1: Les données recueillies serviront à s'assurer que le vaccin est sans danger pour les humains. Il sera administré à 40 personnes séropositives.
- Essais de phase 2: Cette étape permettra de mesurer la réponse immunitaire chez les humains. Environ 600 séronégatifs à haut risque d'infection recevront le vaccin.
- Essais de phase 3: C'est à ce stade que l'efficacité même du vaccin est testée. Environ 6000 séronégatifs participeront aux essais.

  
Sources : Article publié sur le site internet de radio Canada: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2011/12/20/001-vih-vaccin-canadien-essais.shtml

dimanche 29 janvier 2012

Un médicament à base du tabac contre le HIV

Le tabac pourrait être la plante idéale permettant de synthétiser efficacement et à bas coûts de nouveaux médicaments capables de lutter contre des virus tels que le HIV et de combattre de graves maladies. Telles sont les conclusions de l'étude internationale Pharma-Planta, à laquelle ont participé des chercheurs du Conseil national des recherches Cnr (Institut de Biologie et Biotechnologie agraire Ibba-Cnr et Institut de génétique végétale Igv-Cnr), et de l'Enea (Agence nationale pour les nouvelles technologies, l'énergie, et le développement économique durable - Laboratoire de biotechnologie). Le tabac, souvent blâmé pour les méfaits sur la santé que sa consommation entraine, est ainsi devenu un centre d'intérêt scientifique, et est vu de manière positive.

Pharma-Planta est un projet du 6ème PCRD, financé par la Commission Européenne à hauteur de 12 millions d'euro. Commencé en 2004, le projet implique 40 équipes de recherche appartenant à 33 institutions de recherche privées et publiques. " La mission principale de Pharma-Planta a été de développer des méthodes innovantes pour la production d'anticorps et vaccins à partir de plantes ", explique Alessandro Vitale de l'Ibba-Cnr. " Les médicaments développés à base de végétaux ont un coût de production nettement inferieur par rapport à ceux produits en utilisant la voie biotechnologique appliquée aux microorganismes et cellules animales. De plus il se pourrait que cette méthode soit plus efficace et sûre ".

Selon Eugenio Benvenuto, responsable du Laboratoire des biotechnologies de l'Enea, " Grâce aux plants de tabac génétiquement modifiés, un anticorps humain a été produit et purifié. Cet anticorps neutralise de nombreux isolats du virus HIV-1 et pourrait bientôt devenir un outil stratégique pour réduire la diffusion du virus dans les pays les plus pauvres et les plus touchés. Les résultats de laboratoire ont été développés en médicaments, et la quantité produite a été suffisante pour un essai clinique, qui a débuté en juin 2011 au sein de l'Université du Surey (Royaume Uni). L'équipement réalisé pour la production de ce médicament " vert " pourra être utilisé pour développer et purifier, à partir de plantes, des protéines recomposées pour une action pharmacologique ".

Pharma-Planta a développé de nombreuses méthodes pour la production de médicaments à partir de plantes. Ces méthodes se sont aujourd'hui largement diffusées au sein de la communauté scientifique mondiale. En tout, le projet est à la base de 200 articles publiés dans des revues scientifiques, grâce à un accord de libre accès aux résultats et aux produits du projet (droit de copie, brevets, variétés végétales).

Marion Pezzotti, de l'Université de Vérone, explique que : " Les résultats obtenus dans le cadre du projet ont conduit à la création d'un Bureau biotechnologique, une spin-off de notre université qui a comme objectif de produire à partir de feuilles de tabac des auto-antigènes humains potentiellement efficaces pour la prévention du diabète auto-immune
 
 
- Site du projet: http://www.pharma-planta.net
- Institut de Biologie et Biotechnologie agraire Ibba-Cnr : http://www.ibba.cnr.it/
- Institut de génétique végétale Igv-Cnr : http://www.igv.cnr.it

Sources : http://www.enea.it