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dimanche 4 mars 2012

Des cellules staminales pour régénérer le coeur


Une étude de l'Institut de biologie cellulaire et de neurobiologie, du Conseil national des recherches (Ibcn-Cnr), en collaboration avec l'Institut d'hospitalisation et de soins à caractère scientifique (IRCCS) MultiMedica de Milan, ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine des thérapies cellulaires. L'étude démontre pour la première fois que les cardiomyocytes, les cellules musculaires du coeur, peuvent être une source de cellules staminales avec des caractéristiques de différentiation avantageuses par rapport à d'autres cellules staminales. La recherche, conduite par les chercheurs Roberto Rizzi et Claudia Bearzi, a été publiée dans la revue Cell Death and Differentiation.

" Les cellules cardiomyocytes ont des capacités de prolifération minimales voire nulles ; c'est-à-dire qu'après un accident ischémique cardiaque, tel qu'un infarctus, il se crée une cicatrice qui réduit la capacité fonctionnelle du coeur, et engendre une situation d'insuffisance cardiaque ", explique Roberto Rizzi. " Notre travail a démontré que, à travers l'introduction de gènes foetales dans le génome de cellules cardiomyocytes post-natales, il était possible de faire revenir ces cellules déjà différenciées à un état embryonal. Une fois que nous avons obtenu des cellules staminales à partir de cellules cardiomyocytes, elles sont redifférenciées en cellules cardiaques battantes.

La recherche a mis en évidence que les cellules pluripotentes obtenues à partir de cellules cardiomyocytes ont une plus grande capacité à redevenir des cellules cardiaques contractiles, par rapport à d'autres cellules staminales. Ont ainsi été définies les bases moléculaires prouvant que cette " mémoire dépend de seulement quelques gènes ".

Cette découverte ouvre la voie à une possible utilisation des cellules cardiomyocytes en tant que cellules staminales cardiaques, en passant par le stade embryonal. " Grace à leur capacité de différenciation, ces cellules peuvent être utilisées pour réparer le myocarde endommagé ", poursuit Claudia Bearzi. " La caractéristique de générer n'importe quel type de tissu est propre aux cellules staminales à l'état embryonal mais il existe des oppositions éthiques à leur utilisation. En 2006, un chercheur japonais, Shinya Yamanaka, a démontré qu'il était possible de ramener les cellules néonatales et adultes déjà différenciées à un stade staminal, et avec la capacité de générer des tissus semblables à ceux des cellules staminales embryonales, grâce à l'introduction de quelques gènes foetaux. Ces cellules staminales obtenues à partir de cellules matures ont été définies comme pluripotentes et induites ".

La recherche a été financée par le Ministère de la Santé dans le cadre du programme " jeunes chercheurs " et reçoit le soutien d'autres institutions italiennes, telles que l'Université de Turin, l'Université de Milan Bicocca et l'Université Vita Salute San Raffaele de Milan.



Source: Bulletins-electroniques

mardi 15 novembre 2011

L'infarctus du myocarde: espoir de la thérapie cellulaire

L'injection de cellules souches adultes dans le coeur d'un malade après un infarctus permet une meilleure régénération du muscle.


La prise en charge de l'infarctus a fait des progrès considérable au cours des vingt dernières années. Mais les personnes ayant souffert d'une attaque cardiaque, si elles survivent bien plus souvent qu'autrefois, sont menacées de souffrir à plus long terme d'uneinsuffisance cardiaque. La partie altérée du muscle cardiaque, ne fonctionne plus, le cœur se dilate afin que le fonctionnement de la pompe cardiaque reste optimal. En vain. Pour éviter ce risque de séquelle à long terme, des essais en thérapie cellulaire sont menés partout dans les pays riches. Lundi, des chercheurs publient ainsi dans la revue médicale britannique The Lancet les résultats positifs du premier essai à base de cellules souches cardiaques adultes dans le traitement de l'insuffisance cardiaque secondaire à des infarctus.
Un an après l'injection de leurs propres cellules, les patients ont eu en moyenne 12% d'amélioration de leur état, selon les professeurs Roberto Bolli (université de Louisville, Kentucky) et Piero Anversa (Harvard Medical School, Boston) et leurs collègues. Ce type de cellules n'avaient jamais été testées auparavant chez l'homme, soulignent les auteurs dont l'essai de phase 1 est présenté lundi également au congrès de l'American Heart Association organisé à Orlando, en Floride.

Des thérapies cellulaires à base de cellules souches adultes de moelle osseuse ont déjà été testées, mais avec des résultats mitigés. Le coeur adulte contient des cellules souches cardiaques capables de se reproduire et de former les trois lignées majeures de cellules cardiaques (myocytes, cellules musculaires lisses et endothéliales).
L'essai a porté sur 23 patients atteints d'insuffisance cardiaque sévère et ayant subi des pontages coronariens. Cette grave insuffisance se traduit par une fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) inférieure à 40%, la normale étant de de 50% ou plus.
Seize d'entre eux ont reçu un million de cellules cardiaques souches (CSC), quatre mois en moyenne après leurs pontages et sept autres (groupe contrôle) le traitement standard.
Chez 14 patients analysés, la FEVG est passée de 30,3% avant l'administration des cellules à 38,5% quatre mois après. Aucun changement n'a été enregistré dans le groupe contrôle.
Compte tenu de la qualité de l'étude et de l'ampleur inattendue des bénéfices obtenus, les résultats de cet essai «soulèvent un nouvel optimisme», commente le Pr Gerd Heusch (Allemagne) dans Lancet. Mais les promesses de cet essai devront être confirmées sur un plus grand nombre de patients, suivis plus longtemps.

lundi 14 novembre 2011

Infarctus: un nouvel anticoagulant américain réduit la mortalité et la rechute

Les personnes hospitalisées pour un infarctus ou de fortes douleurs à la poitrine ont un risque de rechute ou de mortalité nettement réduit avec un nouvel anticoagulant, le Xarelto des laboratoires Johnson & Johnson et Bayer, selon les résultats d'un vaste essai clinique publiés dimanche.

Le Xarelto --rivaroxaban, nom de la molécule-- qui est administré oralement en combinaison avec un anticoagulant standard, présente en revanche plus de risque d'hémorragie importante que les autres traitements visant à rendre le sang plus fluide, ont souligné les auteurs de cette étude clinique parue dans la version en ligne de la revue médicale américaine New England Journal of Medicine (NEJM).
Les résultats ont été simultanément présentés à la conférence annuelle de l'American Heart Association réunie ce week-end à Orlando en Floride (sud-est).

Ces chercheurs ont suivi plus de 15.000 patients dans plusieurs pays hospitalisés à la suite d'une crise cardiaque ou d'angine de poitrine instable.
Une partie de ces malades pris au hasard ont été traités avec le Xarelto combiné à un anticoagulant standard tandis que les autres ont pris un placebo au lieu du Xarelto.
Les participants à cette étude ont été suivis pendant plus d'un an en moyenne.
Les patients traités avec du Xarelto ont vu le risque de décéder d'un infarctus ou d'un accident vasculaire cérébral réduit de 16% comparativement à ceux ayant pris un placebo.
Le risque de mortalité de toutes causes a diminué de plus de 30% avec le Xarelto, un inhibiteur de la coagulation du sang.

Il a aussi permis de réduire de 31% le risque de formation de caillot avec un stent comparé au groupe témoin. Un stent est une sorte de ressort métallique placé à l'intérieur d'une artère pour la maintenir ouverte et assurer la circulation du sang.
Les auteurs de l'étude ont aussi constaté un risque accru d'hémorragie interne sérieuse avec cet anticoagulant, mais il n'y a eu aucun cas mortel.
"Malgré les efforts déployés jusque là pour traiter les personnes venant de subir un infarctus ou souffrant d'angine de poitrine aiguë, ces patients voyaient leur risque de subir une nouvelle crise cardiaque, une attaque cérébrale ou de décéder dans les douze mois augmenter d'au-moins 10%", souligne le Dr Michael Gibson, de la faculté de médecine de Harvard (Massachusetts, nord-est) et principal chercheur chargé de cette partie de l'essai clinique sur le Xarelto.

"Nous savons que l'organisme des personnes qui font un infarctus ou souffrent d'angine de poitrine instable produit trop de thrombine, un enzyme qui forme les caillots sanguins. Nous avons étudié si, en réduisant la production de cet enzyme avec le rivaroxaban, on pouvait aussi réduire le risque de mortalité, d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus", explique ce médecin.
Un autre anticoagulant, le vorapaxar du laboratoire américain Merck n'a montré aucune efficacité en combinaison avec un autre anticoagulant standard pour réduire le risque de mortalité ou de rechute chez ce type de patients.

Les résultats de l'essai clinique de phase 3 également présentés dimanche à la conférence de l'American Heart Association n'a révélé aucune différence statistique notable dans le risque d'un nouvel accident cardiovasculaire et de décès comparativement au groupe traité avec un placebo.
Mené avec 13.000 patients dans plusieurs pays, l'étude montre aussi que le vorapaxar accroît le risque d'hémorragie interne grave.
Source:AFP

vendredi 28 octobre 2011

Le python pourrait aider pour une nouvelle thérapie cardiaque

Le python peut passer une année sans manger et lorsqu'il le fait son coeur double presque de volume. Cette dilatation est déclenchée par des acides gras indique une nouvelle étude. Comme l'augmentation en taille spectaculaire du coeur du serpent après un repas est comparable à la croissance de cet organe observée chez des athlètes très entraînés, les chercheurs pourraient tirer profit de cette découverte pour développer de nouveaux médicaments fondés sur l'action de ces acides gras capables de potentiellement accroître les performances cardiaques après une attaque ou au contraire de réduire l'augmentation de la taille du coeur induite par la maladie. Durant les cinq dernières années, Leslie Leinwand et ses collègues ont étudié de nombreux gènes liés à différents aspects du métabolisme, au foie et au fonctionnement cardiaque. Les chercheurs ont identifié dans leur étude des acides gras et des triglycérides spécifiques circulant dans le plasma du python responsables de la croissance cardiaque. L'ajout de ces substances à des cellules cardiaques de python ou de souris a stimulé les voies de signalisation associées au développement en taille du coeur. Dans une autre série d'expériences les auteurs annoncent que des pythons et des souris perfusés avec ces acides gras ont vu leur masse cardiaque augmenter.
Source le Science du 28 octobre 2011